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Bangladesh : une organisation islamique d'aide sociale a été formée à l'identification des dépouilles

03-07-2012 Éclairage

En mai 2012, le CICR a organisé une séance de formation à la gestion des dépouilles pour les employés d'Anjuman Mufidul Islam, une organisation islamique d'aide sociale au Bangladesh. Cette formation a voulu montrer combien il était important de disposer de bonnes procédures d'identification des dépouilles afin de pouvoir informer les familles. Récit d'Onchita Shadman, collaboratrice du CICR à Dacca.

Au siège d'Anjuman à Dacca, une trentaine d'hommes et de femmes occupent une pièce à l'éclairage chaleureux. Leur première formation formelle vient de commencer et ils sont très attentifs. Aboul Bashar, 23 ans, se lève sans hésiter de son siège dès que Shirin Sultana, la formatrice du CICR, demande à quelqu'un de servir de mannequin pour un exercice pratique. Pendant les 30 minutes qui suivent, Bashar est étendu sur le sol pendant que Shirin explique les étapes à suivre pour identifier une dépouille ; ses collègues prennent consciencieusement note de toutes les informations sur un formulaire.

Les participants à ce cours sont des employés d'Anjuman Mufidul Islam, une organisation connue au Bangladesh pour s'occuper de donner une sépulture aux dépouilles non réclamées et de fournir une assistance humanitaire aux plus défavorisés de la société. L'histoire d'Anjuman remonte au début du XXe siècle, lorsque les violences communautaires étaient généralisées dans le sous-continent et que les affrontements entre hindous et musulmans étaient fréquents.

« Actuellement, la violence communautaire est peu fréquente. Cependant, comme nous nous trouvons dans une région exposée aux catastrophes, notre pays est touché par d'autres types de risques, » explique Kazi Aboul Kashem, le directeur exécutif d'Anjuman. Il pense que la formation proposée par le CICR aide à tirer parti des capacités d'Anjuman. Avec son service d'ambulances gratuit qui couvre toute la ville, Anjuman est souvent parmi les premiers à intervenir pendant les catastrophes naturelles et d'origine humaine. Les chauffeurs et les transporteurs de l’organisation collectent les dépouilles non réclamées auprès de la police et des morgues des hôpitaux, et se chargent ensuite de leur toilette rituelle et de leur sépulture.

Aboul Bashar, qui a perdu sa sœur pendant le cyclone Sidr en 2007, raconte qu’il traite les dépouilles non réclamées et les victimes des catastrophes comme sa propre famille. Le jeune homme est fier du respect que lui vaut dans la société son statut de travailleur humanitaire.
« Nous pensons que chaque famille a le droit de connaître le sort de ses proches ; c’est pour cela que l’identification des dépouilles revêt une importance vitale », déclare Shirin Sultana, collaboratrice du CICR chargée des activités de recherches. Pour Shirin, la gestion des dépouilles est également importante d’un point de vue culturel et religieux. « La prise en charge adéquate et digne des dépouilles permet aux familles des victimes d'accomplir les rites du deuil. »

Le CICR, dont l'expérience s'étend à toutes sortes d'urgences, organise régulièrement des formations sur la gestion des dépouilles afin de transmettre son savoir-faire à d’autres intervenants en cas d’urgence. La délégation du CICR à Dacca a commencé à collaborer avec Anjuman en 2011, en lui fournissant 400 sacs mortuaires pour la conservation des dépouilles. Le Croissant-Rouge du Bangladesh, principal partenaire opérationnel du CICR dans le pays, collabore avec l’institution pour apporter un soutien aux familles en deuil et recueillir des informations sur les défunts. Shamsul Haque Chisti, le président d’Anjuman, espère que le CICR va proposer ses formations à d’autres antennes de l’organisation dans tout le pays.

 

Principales étapes à suivre pour identifier une dépouille :

  • consigner l’endroit et la date de découverte du corps ;
  • conserver les effets personnels avec la dépouille ;
  • attribuer un numéro de référence unique à chaque dépouille, l’inscrire sur une étiquette résistante à l’eau (par ex. du papier recouvert de plastique) et l’attacher solidement au corps ;
  • si possible, prendre des photos du visage, de tout le corps, du haut puis du bas du corps ;
  • consigner les informations pouvant favoriser l’identification de la personne décédée (description physique et signes distinctifs, habits, chaussures, lunettes et effets personnels – montre, bijoux, cigarettes, photos, porte-monnaie, etc.) ;
  • si le corps a été retrouvé avec une pièce d’identité sur lui, consigner le nom du défunt ainsi que de sa date de naissance, sa nationalité et les autres informations qui y figurent.

Photos

Les 30 membres d’Anjuman Mufidul Islam qui ont participé au cours sur la gestion des dépouilles ont reçu une formation à la fois théorique et pratique.  

Les 30 membres d’Anjuman Mufidul Islam qui ont participé au cours sur la gestion des dépouilles ont reçu une formation à la fois théorique et pratique.
© ICRC

Anjuman Mufidul Islam est une organisation qui se charge de donner une sépulture aux dépouilles non réclamées et d'apporter un soutien humanitaire aux plus défavorisés de la société. 

Anjuman Mufidul Islam est une organisation qui se charge de donner une sépulture aux dépouilles non réclamées et d'apporter un soutien humanitaire aux plus défavorisés de la société.
© ICRC

Une étape importante de la gestion des dépouilles est leur identification. Les participants au cours ont appris à remplir des formulaires d’identification. Les informations ainsi consignées permettent de garder une trace du défunt longtemps après son inhumation.  

Une étape importante de la gestion des dépouilles est leur identification. Les participants au cours ont appris à remplir des formulaires d’identification. Les informations ainsi consignées permettent de garder une trace du défunt longtemps après son inhumation.
© ICRC

La formation a inclus des exercices pratiques. Aboul Bashar se porte volontaire pour servir de mannequin. Il a perdu sa sœur en 2007 pendant le cyclone Sidr et il raconte qu’il traite les dépouilles non réclamées et les victimes des catastrophes comme sa propre famille.  

La formation a inclus des exercices pratiques. Aboul Bashar se porte volontaire pour servir de mannequin. Il a perdu sa sœur en 2007 pendant le cyclone Sidr et il raconte qu’il traite les dépouilles non réclamées et les victimes des catastrophes comme sa propre famille.
© ICRC