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Colombie : participation de mineurs au conflit armé

18-04-2012 Éclairage

Le problème de l’implication d’enfants dans le conflit armé ne se limite pas au recrutement forcé ; il comprend aussi leur utilisation comme guides ou messagers, ce qui les expose à de graves dangers. Extrait du rapport des activités du CICR en Colombie en 2011.

 

© CICR / B. Heger

Les mineurs, petits garçons, petites filles et adolescents, subissent tout particulièrement les conséquences du conflit armé et de la violence. Ils sont souvent directement victimes d’infractions et de graves violations au regard du DIH, telles que les homicides, les violences sexuelles et le recrutement forcé, mais également victimes des effets indirects du conflit comme l’impossibilité d’accéder à l’éducation, ce qui accroît leur vulnérabilité.

En Colombie, le recrutement forcé n’est pas l’unique source de préoccupation dans ce domaine ; il arrive souvent, également, que les enfants soient utilisés comme guides ou messagers par les parties au conflit, ce qui les met en danger face aux actions de la partie adverse. Par exemple, on leur demande des informations sur l’ennemi en échange de petits cadeaux ou de promesses, ce qui dans bien des cas semblerait inoffensif mais qui peut se transformer en menaces très graves pour eux et leur famille. Cette situation se retrouve aussi dans les villes, où les mineurs sont utilisés par des bandes ou des groupes armés.

On relève également des cas d’adolescents, parfois très jeunes, qui entretiennent des relations avec des membres des parties au conflit sans être conscients des risques qu’ils encourent. Outre les problèmes de sécurité qu’ils peuvent rencontrer, ils s’exposent notamment aux risques d’infections sexuellement transmissibles ou de grossesse non désirée, pour les filles. L’attitude permissive des supérieurs, qui sont au courant de ces relations, qu’ils considèrent « naturelles », favorise ce phénomène.

Il est difficile d’estimer le nombre des victimes de ces différentes infractions et de mesurer l’ampleur du recrutement d’enfants, en raison notamment de la peur des familles concernées de signaler ces faits.

 

Paroles de victimes

Ils ont enlevé mon fils alors qu’il était à la maison.

« Mon fils, ils l’ont enlevé quand il était à peine jeune homme ; aujourd’hui, il devrait avoir 27 ans. Des hommes armés sont arrivés à la ferme et ils l’ont emmené. Durant toutes ces années, je l’ai vu très peu, quand des voisins m’aidaient à le retrouver en cachette. La dernière fois que je l’ai vu, c’était il y a trois ans, et la dernière fois que j’ai eu de ses nouvelles, c’était en 2010, quand ils m’ont appelée pour me dire qu’il avait été capturé. Cela faisait longtemps qu’il était parti de la maison. Depuis, je le cherche, mais personne ne me donne d’informations. »

Réponse humanitaire du CICR

Durant l’année 2011, le CICR s’est penché sur ce problème dans le cadre du dialogue direct et confidentiel qu’il entretient avec les différentes parties au conflit armé. Outre la question du recrutement de mineurs, il a évoqué les situations dans lesquelles les acteurs armés essaient de profiter de l’ingénuité des enfants pour obtenir des informations utiles ou stratégiques, informations qui pourraient être utilisées ultérieurement pour obtenir un avantage militaire face à l’ennemi.

Le CICR a facilité la réunion de 35 enfants avec leur famille.

  

Voir aussi :

J’ai une bonne nouvelle pour vous : votre fils est sain et sauf, et il vous a écrit cette lettre.

 

- Rapport Colombie 2011