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Cultures licites détruites par les traitements aériens visant à éradiquer la culture de la coca

18-04-2012 Éclairage

Des communautés qui vivent dans la précarité se plaignent de voir leurs cultures licites détruites. Le CICR a essayé de documenter ce phénomène et ses conséquences à travers le pays.

« Parfois, quand ils fumigent, tout crève : les bananiers, les cannes à sucre, les yuccas. Alors il faut recommencer à semer et attendre que ça pousse. En attendant, nous n’avons plus rien à manger et nous souffrons de la faim. » C’est ainsi qu’un habitant du département de Nariño résume les dommages causés par le traitement aérien des cultures illicites avec du glyphosate. Il reconnaît qu’il y a bien des plantations de coca dans la région, mais pas sur ses terres.

C’est ce genre de préoccupations qu’ont entendu les délégués du CICR dans les zones touchées par le conflit armé. Plaintes exprimées par des communautés qui vivent dans la précarité et qui voient leurs cultures licites détruites. Le CICR a essayé de documenter ce phénomène et ses conséquences à travers le pays, et plus particulièrement dans quatre départements – Nariño, Caquetá, Antioquia et Guaviare –, afin d’évaluer les répercussions réelles du traitement aérien sur ces populations.

Il est important de préciser que le CICR n’a pas vocation à donner son opinion sur la politique du gouvernement contre les cultures illicites. L’institution ne s’inquiète que des conséquences humanitaires du traitement aérien sur les cultures licites pour les populations qui vivent dans des régions reculées.

Au cours de ses nombreuses visites dans les zones touchées par ce fléau, le CICR a trouvé que le problème majeur était le manque de précision dans le traitement aérien qui, dans bien des cas, retombe sur les cultures licites, pour le plus grand malheur des familles. Ce manque de précision a également mis en péril des projets de développement alternatif réalisés par des institutions internationales, notamment un projet de culture de cacaoyer mis en œuvre par le CICR au profit de communautés touchées par le conflit armé dans le Guaviare.

Outre l’impact du traitement aérien sur les cultures licites, le CICR s’inquiète de la difficulté rencontrée par les paysans pour demander une réparation à laquelle ils ont droit, étant donné les dommages subis. La complexité des démarches à entreprendre pour porter plainte et obtenir réparation décourage beaucoup d’habitants et les empêche de faire valoir leurs droits. La plupart de ceux qui tentent le coup voient leur demande rejetée, faute d’avoir réussi à remplir toutes les formalités.

Le CICR a fait part de ces préoccupations aux autorités dans un rapport présenté en 2011.


Photos

 

© CICR / B. Heger