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Colombie: homicides et menaces de mort

18-04-2012 Éclairage

Les homicides et les menaces de mort ont pour but de terroriser la population, mais ils entraînent aussi, la plupart du temps, le déplacement de personnes et de communautés. En plus des civils, les blessés et les combattants ayant déposé les armes sont également victimes de ces actes. Extrait du rapport des activités du CICR en Colombie en 2011.

 

© CICR / B. Heger

La population vivant dans des zones où se trouvent les parties opposées dans ce conflit armé, et où sont menés les combats et les opérations militaires, est la plus exposée aux violations des règles du droit international humanitaire (DIH), telles que les homicides et les menaces.

Lors des hostilités, les parties ne font pas toujours la distinction entre civils et combattants. En 2011, le CICR a enregistré des dizaines de cas de civils morts parce qu’ils avaient été pris pour cible. Il arrive souvent, également, que des civils soient directement victimes d’homicides parce qu’ils se sont retrouvés pris dans des attaques ou sous les feux croisés. Ces cas sont généralement dus au fait que les combattants n’ont pas pris les précautions nécessaires pour éviter ces morts ni se sont assurés qu’ils visaient bien un objectif militaire.

Outre la population civile, d’autres personnes protégées par le DIH ont été victimes d’homicides ou de menaces. Il s’agit des combattants qui avaient déposé les armes, c’est-à-dire les blessés et les personnes qui avaient été capturées ou qui avaient décidé de se rendre.

Les acteurs armés choisissent également de recourir aux menaces ou de perpétrer des homicides afin de terroriser la population dans les territoires qu’ils cherchent à contrôler. La stigmatisation des civils comme membres de la partie adverse a aussi été à l’origine de nombreuses menaces et morts.

Dans la majorité des cas, l’assassinat d’un membre de la famille ou les menaces à l’encontre de civils ont eu d’autres conséquences, comme le déplacement de personnes, de familles entières et de communautés. Les effets de ces violations du DIH se sont alors accumulés et prolongés dans le temps.

Paroles de victimes

Tout le village savait qu’ils allaient me tuer, sauf moi.

« Ils sont arrivés chez moi et ils ont détruit toutes mes affaires, ils ont tout balancé n’importe où, ils ont cassé la porte, ils ont même volé l’argent des tamales… Heureusement, je n’étais pas là ; sinon ils me tuaient. Ils m’ont menacée parce que j’étais la voisine d’un membre d’un groupe armé. Tout le village savait qu’ils allaient me tuer, sauf moi. Ils en avaient après moi parce que j’avais vendu à manger aux autres, mais si c’est mon travail de vendre des produits alimentaires ? Les gens viennent, ils achètent. Qu’est-ce que je peux leur dire ? Que je ne leur vends pas à eux ? À cause de cela, j’ai dû fuir du village, et maintenant j’essaie d’aller de l’avant avec mon fils, mais c’est très dur de s’installer chez quelqu’un d’autre. »

Victime de menaces de mort qui a dû se déplacer.

 

The ICRC's humanitarian response


Through its confidential dialogue with all parties to the conflict, the ICRC strives to promote respect for the lives, well-being and dignity of civilians and all those protected under international humanitarian law.

Wherever possible, it approaches the parties concerning violations, documents those cases and monitors them closely in conjunction with the alleged perpetrators, thereby endeavouring to change their behaviour. The ICRC only documents cases of which it has first-hand knowledge and where it can help, even though the official murder toll in the country is much higher. In 2011, the ICRC was aware of 52 civilian deaths tied to violations of international humanitarian law. It also helped 139 families with the funeral costs for their loved ones killed as a result of the conflict.

The ICRC strives to mitigate the impact of the violence and reduce the risk of mistreatment and threats for the most vulnerable civilians. In 2011, 684 people whose lives were threatened received financial assistance to relocate somewhere safer.

- Rapport Colombie 2011