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Liban : une nouvelle structure permet d'améliorer les soins de santé dispensés à Nahr al-Bared

17-04-2012 Éclairage

Trois mois après son inauguration, un centre médical d’urgence géré par la Société du Croissant-Rouge palestinien fournit des services médicaux d'urgence 24 heures sur 24 à Nahr al-Bared, un camp de réfugiés palestiniens dévasté par la guerre dans le nord du Liban.

Le centre offre également d'autres services médicaux, notamment des services de physiothérapie et de laboratoire. Il a été construit par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en vue de remplacer le dispensaire du Croissant-Rouge détruit au cours du conflit qui a déchiré le Liban durant quatre mois en 2007, causant d'énormes dégâts dans le camp et provoquant le déplacement de ses 30 000 habitants.  

Oum Ali, une résidente de Nahr al-Bared âgée de 60 ans, se rend régulièrement au centre. C'est la seule structure du camp qui propose des services de physiothérapie, dont elle a besoin pour retrouver sa mobilité après s'être fait poser une prothèse dans le genou droit. « Je viens deux fois par semaine au centre, explique-t-elle. J'en suis à ma dixième séance de physiothérapie et je me sens beaucoup mieux. » La première fois qu'elle est venue au centre, cette mère de sept enfants pouvait à peine se déplacer, même à l'aide d'un déambulateur. « Maintenant, je peux me tenir sur mes deux jambes et marcher lentement sans déambulateur, ajoute-t-elle. J'ai fait d'énormes progrès depuis ma première séance. »

Oum Ali précise que son médecin lui a recommandé ce centre parce qu'il se trouve à proximité de chez elle ; cela lui évitait de devoir sortir du camp pour recevoir les soins dont elle avait besoin – avec tous les tracas et les douleurs physiques que cela aurait supposé.

Selon Siham Abou Dabbous, une physiothérapeute expérimentée, le centre fournit des soins à au moins cinq personnes par jour, et assure également des visites à domicile pour les patients qui ne peuvent pas se déplacer au début de leur convalescence. « Nous offrons différents types de physiothérapie, explique-t-elle. Nous prenons en charge des patients souffrant d'une paralysie ou de douleurs au niveau de la nuque ou du dos, notamment des enfants atteints de poliomyélite ou d'un handicap à la main, à l'épaule ou au bras. »

L'unité de physiothérapie est déjà pleinement opérationnelle dans le nouveau centre, qui ne dispose toutefois pas encore du matériel de radiologie et d'autres équipements médicaux nécessaires pour des opérations mineures. Le Dr Youssef al-Assaad, chef du bureau régional du Croissant-Rouge palestinien dans le nord du Liban, souligne l'importance des services d'urgence qui sont fournis aux habitants du camp. « C'est la seule structure à Nahr al-Bared qui peut prendre en charge des urgences ou transférer des patients à l'hôpital, à n'importe quelle heure du jour et de la nuit. » Chaque fois que cela s'avère nécessaire, les ambulances du Croissant-Rouge transportent des patients vers des hôpitaux situés à l'extérieur du camp, comme l'hôpital de Safad dans le camp de Beddawi, non loin de là, ou ceux de Tripoli et de Beyrouth.

« D'autres centres médicaux et dispensaires du camp font appel à nos services de transport d'urgence, notamment les centres gérés par l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient, explique le Dr al-Assaad. Nous sommes les seuls à fournir ces services. »

Depuis que le centre médical d’urgence a ouvert ses portes en janvier dernier, il a pris en charge plus de 550 cas d'urgence et effectué plus de 500 examens médicaux. En outre, le centre fournira bientôt des services médicaux spécialisés, notamment en gynécologie, pédiatrie, endocrinologie, cardiologie et orthopédie. « Nous sommes en train de mettre en place une permanence pour des médecins spécialisés, qui pourront réaliser des opérations mineures dès que les équipements chirurgicaux et de radiologie seront installés, ajoute le Dr al-Assaad. Nous espérons être pleinement opérationnels d'ici deux mois. »

La structure de 550 m2 abrite également un laboratoire bien équipé permettant d'effectuer la plupart des tests sanguins. « Nous réalisons des analyses extrêmement fiables à un prix symbolique. Le but est de permettre à tous les habitants du camp d'avoir accès à des soins de santé », explique Abdel Hafiz, qui est responsable du laboratoire et de la pharmacie du centre. « Les médicaments sont gratuits pour les patients, parce que tous les articles dont nous disposons dans notre pharmacie nous ont été donnés. L'ensemble des médicaments que nous recevons, que ce soit de simples comprimés contre les maux de tête ou des médicaments plus sophistiqués, sont mis à la disposition des patients en fonction de leurs besoins. »

Le nouveau centre de deux étages apporte une lueur d'espoir dans le camp dévasté par la guerre, dont une partie est toujours en ruine aujourd'hui. « Il symbolise ce à quoi peut et devrait aboutir une véritable coopération en faveur d’une cause humanitaire, déclare Jürg Montani, chef de la délégation du CICR au Liban. Le centre contribuera à améliorer considérablement les soins de santé dispensés à Nahr al-Bared. »


Photos

Centre médical d’urgence du Croissant-Rouge palestinien, Nahr al-Bared, Liban. Oum Ali suit les instructions de sa physiothérapeute Siham Abou Dabbous. 

Centre médical d’urgence du Croissant-Rouge palestinien, Nahr al-Bared, Liban. Oum Ali suit les instructions de sa physiothérapeute Siham Abou Dabbous.
© ICRC

Centre médical d’urgence du Croissant-Rouge palestinien, Nahr al-Bared, Liban. Abdel Hafiz choisit des médicaments dans la pharmacie du centre.   

Centre médical d’urgence du Croissant-Rouge palestinien, Nahr al-Bared, Liban. Abdel Hafiz choisit des médicaments dans la pharmacie du centre.
© ICRC