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Des objets artisanaux fabriqués par des détenues au Paraguay attirent l’attention dans une foire brésilienne

25-04-2012 Éclairage

Une grande variété d’objets artisanaux typiques du Paraguay, fabriqués par des femmes détenues dans ce pays, ont été exposés pendant la foire internationale de l’artisanat à Brasilia. Les artisanes participent à un projet mené par la Croix-Rouge paraguayenne en coopération avec le CICR.

Pendant les dix jours de la foire, qui s’est tenue du 13 au 23 avril, le stand « Kuña Katupyry » (femme d’affaires, en guarani) – Artisanes du Buen Pastor a attiré l’attention de dizaines de visiteurs. La Brésilienne Marizete Silva Leal a acheté de nombreux objets confectionnés par les détenues, les trouvant « différents, bien faits et originaux ». Pour sa part, Oscarina Vieira a visité le stand en compagnie de son mari, qui s’est intéressé à une belle chemise de ao po'i blanche. Oscarina fait l’éloge de l’initiative : « Vous avez réussi à protéger la culture paraguayenne, à préparer ces femmes au travail et à les aider à s’épanouir au travers de l’art, tout en favorisant leur socialisation. »

Le projet permet aux détenues de générer des revenus, d’améliorer leurs conditions de vie et de recouvrer plus de dignité. Il vise aussi à aider ces femmes à se réinsérer au sein de la société. Le CICR et la Croix-Rouge paraguayenne apportent un soutien matériel et technique aux détenues, en leur proposant notamment des cours d’artisanat et des ateliers sur la gestion, le développement personnel et le fonctionnement des coopératives.
« Montrer au Brésil le travail que nous réalisons a été une très bonne expérience. Les femmes qui ont participé au projet pourront ainsi élargir leur marché », déclare Miriam Zampatti, chef adjointe de la délégation du CICR pour l’Argentine, le Brésil, le Chili, le Paraguay et l’Uruguay. Plus de 40 détenues ont travaillé pendant trois mois pour confectionner plus de 500 objets et passer à une nouvelle étape à plus grande échelle, dans le but d’assurer la plus grande diffusion du projet, ainsi que sa viabilité économique.

Pour la coordonnatrice du projet Rebeca Gamarra, qui fait partie de la Croix-Rouge paraguayenne, exposer leurs ouvrages à la foire a valorisé les détenues en tant que femmes et artisanes s’efforçant d’aller de l’avant et de soutenir financièrement leurs familles.

Outre les représentants de la Croix-Rouge paraguayenne, Rocío Rojas Sosa, enseignante de l’Institut paraguayen d’artisanat qui donne des cours sur les différentes techniques aux détenues, était aussi présente à la foire. « Les participantes étaient très émues et avaient beaucoup d’attentes », explique l’enseignante. Selon elle, la foire a été une expérience très positive, car les détenues ont travaillé avec des objectifs concrets, ce qui a stimulé la production et permis de générer d’importants revenus. De plus, de nouvelles possibilités se sont présentées et ont ouvert d’autres perspectives d’avenir. « Ce projet est très important pour ma famille et moi », déclare l’une des artisanes.

À la foire, les femmes ont exposé des ouvrages confectionnés sur la base de techniques comme le ñandutí, des ouvrages réalisés à l’aide de fils fins de coton ou de soie, l’encaje jú, des broderies aux motifs quadrillés, rectangulaires ou circulaires, et l’ao po'i, des tissus confectionnés avec des fils de coton, ainsi que des broderies réalisées au point de croix, au ruban et au crochet.

Projet d’artisanat pour les femmes privées de liberté à la prison du « Buen Pastor »

Dans le cadre du projet baptisé Fortalecimiento de la Asociación de Mujeres Privadas de Libertad del Buen Pastor (Renforcement de l’association des femmes privées de liberté du Buen Pastor), les détenues de la prison fabriquent et commercialisent des objets artisanaux. Avec le soutien du service national de promotion professionnelle, ces femmes sont formées à la couture, notamment au crochet, au point de croix et aux techniques traditionnelles telles que l’ao po’i, l’encaje jú et le ñandutí.
Outre ces techniques d’artisanat, elles suivent par exemple des cours de gestion, de comptabilité, de commerce et de développement personnel, afin de pouvoir mettre sur pied de petits commerces une fois sorties de prison.

Les artisanes, qui se sont réunies grâce à l’initiative lancée par la Croix-Rouge paraguayenne et le CICR en 2008, ont donné le nom de Kuña Katupyry (femme d’affaires en guarani) à leur association. À l’heure actuelle, 42 femmes participent au projet. Plus de 35 autres y ont participé en quatre ans.

Quatre fois par semaine, une enseignante de l’Institut paraguayen d’artisanat donne des cours de deux heures à la prison du Buen Pastor, où une salle spéciale est réservée aux participantes pour qu’elles puissent réaliser leurs travaux.

Les objets confectionnés par les détenues pendant les cours et pendant leur temps libre sont commercialisés par leurs familles et leurs proches. La Croix-Rouge paraguayenne et le CICR fournissent le matériel nécessaire à la confection. Grâce à la vente de leurs ouvrages, les participantes peuvent aider financièrement leurs familles et assurer leur subsistance.


Photos

Une grande variété d’objets artisanaux typiques du Paraguay, fabriqués par des femmes détenues dans ce pays, ont été exposés pendant la foire internationale de l’artisanat à Brasilia. 

Une grande variété d’objets artisanaux typiques du Paraguay, fabriqués par des femmes détenues dans ce pays, ont été exposés pendant la foire internationale de l’artisanat à Brasilia.
© CICR / P. Araujo

La Brésilienne Marizete Silva Leal a acheté de nombreux objets confectionnés par les détenues, les trouvant différents, bien faits et originaux. 

La Brésilienne Marizete Silva Leal a acheté de nombreux objets confectionnés par les détenues, les trouvant « différents, bien faits et originaux ».
© CICR / P. Araujo

Chemise d’ao po'i, un tissu fin confectionné à l’aide de fils de coton.  

Chemise d’ao po'i, un tissu fin confectionné à l’aide de fils de coton.
© CICR / L. Vera

En décembre 2011, dix-neuf détenues ont reçu des certificats en artisanat émis par la prison du Buen Pastor. 

En décembre 2011, dix-neuf détenues ont reçu des certificats en artisanat émis par la prison du Buen Pastor.
© CICR / L. Vera