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Thaïlande : la formation favorise le dialogue entre la police et le CICR

30-08-2012 Éclairage

Vingt-six policiers armés entrent dans une salle de réunion. Cela pourrait être le début d'un film d'action. Pourtant, l'atelier organisé conjointement par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et la Police royale thaïlandaise est loin d’être un simple divertissement. En juin, les forces de l'ordre ont participé durant cinq jours à un « séminaire sur les normes internationales de la police et l'exercice des pouvoirs de la police » à Songkhla, une province du sud de la Thaïlande.

Les trois provinces de l’extrême sud de la Thaïlande ont connu ces dernières années une escalade de la violence qui a fait de nombreux morts et blessés. La vie de milliers d’habitants a été perturbée, entraînant l'insécurité économique pour les plus vulnérables.

Des commissaires de police, des commissaires adjoints, des inspecteurs et sept observateurs militaires représentant l'armée, la marine et des troupes frontalières paramilitaires ont participé en commun à des ateliers et des discussions de groupe pour réfléchir à leurs pratiques quotidiennes et en apprendre davantage sur le mandat, les principes de fonctionnement et les activités du CICR.

« Au cours de leurs études officielles, les policiers thaïlandais reçoivent une formation similaire, plus ou moins poussée, aux normes internationales », indique Nipol Kunnui, lieutenant-colonel au centre d'opérations de la police des frontières sud.

Recourant à des exercices pratiques et à des études de cas, l'atelier a principalement porté sur l'usage discrétionnaire des pouvoirs de la police en vue d'actualiser et de renforcer les connaissances des participants en matière de normes internationales de police (arrestation, détention, saisie et utilisation de la force et des armes à feu). L’examen des diverses questions, la confrontation des points de vue et l’argumentation des positions ont permis une expérience d’apprentissage stimulante pour tous. Les participants et les conférenciers ont appris à mieux se connaître et se comprendre, tout en ayant une vision différente des choses.

« Le fait que la plupart [des participants] aient reçu une formation et une préparation professionnelles offre une excellente occasion d'engager un dialogue de grande qualité », explique John-Erik Jensen, délégué du CICR auprès des forces de police et de sécurité pour la région Asie-Pacifique.

Toutes les discussions ont appliqué un code de confidentialité stricte afin que les participants se sentent à l'aise pour partager leurs expériences, parfois très personnelles.

« Au début, j'avais le sentiment que le CICR menait une enquête sur nous, mais je n’avais nullement peur de poser des questions », indique le colonel de police Jeeraset Dawnugntrakul, directeur du poste de police de Thungyangdaeng.

Le troisième jour, lorsque les participants ont réalisé que le CICR n'était pas là pour montrer du doigt leurs erreurs, les « barrières sont progressivement tombées », pour reprendre l’expression d’un autre commissaire de police. « Le CICR ne dénonce pas », précise Jensen, qui a plus de 30 ans d'expérience comme policier, dont 15 dans un poste de leadership, et qui a enseigné à l'École nationale de police danoise. « Je pouvais m'identifier avec eux. Leur retenue est naturelle », ajoute-t-il. L'approche du CICR - un dialogue confidentiel avec la partie concernée seulement - encourage un échange constructif d'idées et de bonnes pratiques.

Ce troisième atelier, organisé dans l’extrême Sud de la Thaïlande, avec des policiers occupant des postes de commandement et des experts du CICR, perpétue une longue tradition du CICR et favorise une meilleure compréhension des questions humanitaires parmi les forces de l'ordre.

« La nature du conflit évolue constamment », déclare Alfred Grimm, chef adjoint de la délégation régionale du CICR à Bangkok. « Les causes sont complexes tout comme le sont les facteurs qui y contribuent. L'atelier a également permis de mieux comprendre la situation dans l’extrême Sud. »


Photos

Alfred Grimm, chef adjoint de la délégation (au centre), le commissaire adjoint du centre des opérations de police des frontières sud, le général de division Malikhao Santi (à gauche) et le général de division, commandant adjoint de la 4e armée, Sakol Chuentrakul. 

Alfred Grimm, chef adjoint de la délégation (au centre), le commissaire adjoint du centre des opérations de police des frontières sud, le général de division Malikhao Santi (à gauche) et le général de division, commandant adjoint de la 4e armée, Sakol Chuentrakul.
© CICR

Un total de 33 agents de police et observateurs militaires ont participé au troisième atelier organisé par le CICR, en collaboration avec la police dans l’extrême Sud. Ces réunions sont essentielles pour aider les forces armées à comprendre le rôle du CICR dans les situations de violence. 

Un total de 33 agents de police et observateurs militaires ont participé au troisième atelier organisé par le CICR, en collaboration avec la police dans l’extrême Sud. Ces réunions sont essentielles pour aider les forces armées à comprendre le rôle du CICR dans les situations de violence.
© CICR

John-Erik Jensen, délégué du CICR auprès des forces de police et de sécurité pour la région Asie-Pacifique, a animé l'atelier de cinq jours. Il présente le CICR à des commissaires de police, commissaires adjoints et inspecteurs. 

John-Erik Jensen, délégué du CICR auprès des forces de police et de sécurité pour la région Asie-Pacifique, a animé l'atelier de cinq jours. Il présente le CICR à des commissaires de police, commissaires adjoints et inspecteurs.
© CICR

L'atelier a permis aux policiers occupant des postes de commandement d’échanger leurs points de vue avec des collègues de l'armée. Les délégués du CICR ont souligné à quel point il était important que les policiers exercent leurs pouvoirs avec diligence dans les situations délicates. 

L'atelier a permis aux policiers occupant des postes de commandement d’échanger leurs points de vue avec des collègues de l'armée. Les délégués du CICR ont souligné à quel point il était important que les policiers exercent leurs pouvoirs avec diligence dans les situations délicates.
© CICR

Les participants ont préparé des études de cas pour le séminaire. L'atelier a porté sur l'usage discrétionnaire des pouvoirs de la police et visait à améliorer les connaissances des normes internationales de la police (arrestation, détention, fouille / saisie, utilisation de la force et des armes à feu). 

Les participants ont préparé des études de cas pour le séminaire. L'atelier a porté sur l'usage discrétionnaire des pouvoirs de la police et visait à améliorer les connaissances des normes internationales de la police (arrestation, détention, fouille / saisie, utilisation de la force et des armes à feu).
© CICR