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Malaisie : l'édition 2012 du concours de plaidoirie en DIH s'achève dans une lutte acharnée

21-01-2013 Éclairage

Dix-huit équipes venues de neuf universités de Malaisie se sont réunies à l'université de Malaya en novembre 2012, pour la neuvième édition du concours de plaidoirie en droit international humanitaire (DIH), organisée conjointement par le CICR et la faculté de droit de l'université de Malaya. Ces équipes venaient de l'université de Malaya (qui accueillait l'événement) et des universités suivantes : Universiti Sains Islam Malaysia, International Islamic University Malaysia, Universiti Teknologi MARA, Advance Tertiary College, Multimedia University, Universiti Kebangsaan Malaysia, Universiti Sultan Zainal Abidin et Universiti Utara Malaysia.

« Intense. Épuisant. Extraordinaire. Sportif. Enthousiasmant. » Eugene Ee n'était pas à court d'adjectifs pour qualifier le concours. L'étudiant en deuxième année de droit à l'université de Malaya et sa partenaire Low Pou Leen sont sortis vainqueurs, après avoir battu Kang Mei Yee et Chew Jee San, issus eux aussi de l'université hôte.

À l'heure de la finale, les conversations animées ont rapidement laissé la place à un silence de plomb, lorsque Son Excellence Eduardo Malaya, ambassadeur des Philippines en Malaisie, est entré dans l'imposant auditorium, suivi de sa cohorte de juges. L'affaire concernait un colonel fictif, Calley Jones, sur lequel pesaient trois chefs d'accusation pour crimes de guerre. Les compétiteurs ont présenté leurs argumentaires, répondu aux questions des juges, réfuté les arguments de la partie adverse et, surtout, démontré une connaissance approfondie du DIH. Les arguments portaient notamment sur la définition de « conflit armé », la charge de la preuve et les effets d'une prétendue attaque informatique sur la population.

Christopher Harland, conseiller juridique régional et juge lors de la finale, s'est dit impressionné par le niveau des finalistes. « Les équipes étaient très bien préparées et ont montré une connaissance solide du DIH dans leur analyse et leurs réponses aux questions, dit-il. Les instructions écrites étaient bien rédigées et très structurées. » M. Harland note que les équipes les plus compétentes ont réussi à fouiller dans la jurisprudence et à appliquer la jurisprudence de la Cour pénale internationale et d'autres cours internationales aux faits reprochés au colonel.

Depuis 2004, la faculté de droit de l'université de Malaya et le CICR organisent conjointement le concours annuel de plaidoirie en DIH en Malaisie. Cette compétition s'inscrit dans le cadre des efforts déployés par le CICR pour faire connaître le droit international humanitaire dans les principaux instituts d'études supérieures de Malaisie, en soutenant l'enseignement et la recherche, et en encourageant l'intégration du DIH dans les programmes d'étude des universités malaisiennes. L'objectif est de faire en sorte que les futurs dirigeants et personnalités influentes comprennent l'utilité pratique du DIH et aient une connaissance approfondie de ses principes de base.

Le professeur Azmi Sharom, de l'université de Malaya, revient sur l'événement : « C'est extraordinaire qu'un aussi grand nombre de petites universités récemment fondées, y compris des institutions privées, y participent. Le monopole habituel des universités publiques de la vallée de Klang sur ces types de compétition a été balayé par les concours de plaidoirie en DIH. »

Et d'ajouter : « La qualité même des plaideurs et de ceux qui les aident en rassemblant des informations signifie que le DIH intéresse désormais les étudiants les plus brillants. Le nombre d'étudiants qui étudient cette branche du droit est peut-être limité, mais leurs compétences sont remarquables. »

Selon le professeur Sharom, c'était une compétition acharnée, mais dénuée de toute malveillance, qui s'est déroulée dans un esprit « sportif ». « Au fil des années, j'ai vu les participants de différentes facultés devenir de véritables compétiteurs. Mais au début, ils avaient moins d'expérience en matière de plaidoirie et ils se faisaient littéralement écraser. »

C'est la gagnante Low Pou Leen, de l'université de Malaya, qui a le mieux résumé les effets du concours de plaidoirie en DIH : « Je comprends maintenant mieux le domaine du droit international humanitaire – son importance et son impact. Je saisis mieux les enjeux des problèmes qui se posent à l'échelle internationale, et en particulier les conflits. Je suis aussi en mesure d'analyser ces questions dans une perspective différente, en prenant en considération leurs implications juridiques. En somme, le concours de plaidoirie a été une expérience très enrichissante. »


Photos

Eugene Ee (à gauche) et Low Pou Leen (à droite), de l'université de Malaya, sont sortis vainqueurs de l'édition 2012 du concours de plaidoirie en DIH, en Malaisie.   

Kuala Lumpur, Malaisie
Eugene Ee (à gauche) et Low Pou Leen (à droite), de l'université de Malaya, sont sortis vainqueurs de l'édition 2012 du concours de plaidoirie en DIH, en Malaisie.
© University of Malaya