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Bangladesh: ils jouent comme de vrais pros

09-04-2013 Éclairage

Pour les personnes handicapées, pratiquer un sport est une manière de retrouver leur confiance et leur dignité. C’est dans cet esprit qu’en mars dernier, des handicapés bangladais et indiens se sont mesurés dans le cadre d’un tournoi amical de cricket organisé au Bangladesh. Et bien qu’une seule équipe ait pu revendiquer la victoire, il ne fait pas de doute que les joueurs des deux formations sont sortis vainqueurs.

Du 17 au 20 mars, la pelouse du National Sports Education Centre de Savar, au Bangladesh, accueillait Rubel avec 21 autres sportifs plein d’ardeur. L’équipe de Rubel, les Men in Blue, qui représentait le centre de réadaptation physique de Savar, recevait ce jour-là les Bengal Tigers de la Disabled Sporting Society of India. Tandis que les joueurs des deux équipes échangeaient des poignées de mains chaleureuses, des drapeaux des deux pays flottaient nonchalamment au-dessus des tentes de chaque camp. Organisé à Savar, une localité située à une vingtaine de kilomètres de Dacca, la capitale du Bangladesh, ce match amical réunissait des jeunes hommes souffrant d’un handicap physique à la suite d’un accident ou à cause du manque de soins de santé.

Installé sur un fauteuil roulant au bord du terrain, Rubel, 25 ans, s’est employé, durant toute la durée du tournoi, à encourager ses camarades d’équipe, se hissant au-dessus de sa chaise, puis plongeant quasiment au ras du sol afin de pouvoir mieux suivre le jeu. Et le fait que ce jour-là il n’était que remplaçant n’a en rien entamé son enthousiasme. « Qu’on soit handicapé ou non, on a tous le même plaisir à jouer au cricket, s’extasie-t-il. À nous voir jouer, les gens perdront certainement les préjugés qu’ils peuvent avoir à notre égard. »

À l’âge de neuf mois, Rubel a contracté la polio, et il a été gravement atteint dans sa mobilité. Son handicap ne l’a cependant pas empêché de diriger une équipe de cricket ouverte à tous les gens de son quartier ni de devenir ensuite assistant ergothérapeute.

Le tournoi de Savar s’est disputé selon la variante courte du Twenty20, très populaire au Pakistan, où les joueurs utilisent des balles recouvertes de bande adhésive. Quant aux règles, elles étaient les mêmes que pour un match traditionnel. Si les Blue Tigers indiens ont fini par s’imposer 2-1, Haroon Rashid, l’entraîneur de l’équipe, s’est dit persuadé que la vraie récompense pour tous les joueurs se situe bien au-delà des résultats immédiats. Rashid, qui entraîne des jeunes handicapés de l’État de l’Uttar Pradesh depuis plus de dix ans, explique : « Pour ces jeunes gens, le cricket est un moyen de reprendre confiance. Il les aide à centrer leur attention sur leur potentiel plutôt que sur leur infirmité. »

Pour ce tournoi, le CICR a fourni tout l’équipement nécessaire aux membres de l’équipe du Bangladesh. « La réadaptation physique aide les personnes handicapées à reconquérir leur dignité. Le sport et la formation professionnelle dont ils bénéficient contribuent dans une très large mesure à leur insertion sociale », indique Mahfuzur Rahman, chef adjoint du projet de réadaptation physique du CICR au Bangladesh.

Le CICR apporte un soutien technique et financier au centre de réadaptation physique de Savar depuis 2003. Cette année, environ 900 patients recevront un membre artificiel de qualité et produit à faible coût dans les centres de Savar et de Chittagong.

Quant à Ruble, après avoir été soigné au centre de Savar, et y avoir ensuite reçu une formation professionnelle, il fabrique maintenant des appareils destinés à d’autres handicapés. Aujourd’hui, il rêve d’ouvrir un jour ou l’autre son propre centre. Ce serait sa plus belle victoire !


Photos

Les joueurs se présentent et échangent des poignées de mains avant l’ouverture du match.  

National Sports Education Centre, Savar, Bangladesh.
Les joueurs se présentent et échangent des poignées de mains avant l’ouverture du match.
© CICR / O. Shadman

Le jeu bat son plein. Le tournoi se dispute selon la variante courte du Twenty20, très populaire au Pakistan, où les joueurs utilisent des balles recouvertes de bande adhésive. 

National Sports Education Centre, Savar, Bangladesh.
Le jeu bat son plein. Le tournoi se dispute selon la variante courte du Twenty20, très populaire au Pakistan, où les joueurs utilisent des balles recouvertes de bande adhésive.
© CICR / A. Wahid

Rishiraj, joueur du Disabled Sporting Society of India, attend le prochain tir. 

National Sports Education Centre, Savar, Bangladesh.
Rishiraj, joueur du Disabled Sporting Society of India, attend le prochain tir.
© CICR / O. Shadman

Rubel encourage ses coéquipiers depuis le bord du terrain. Lui-même handicapé, ce joueur de cricket de 25 ans travaille comme assistant ergothérapeute au centre de réadaptation physique de Savar, au Bengladesh.  

National Sports Education Centre, Savar, Bangladesh.
Rubel encourage ses coéquipiers depuis le bord du terrain. Lui-même handicapé, ce joueur de cricket de 25 ans travaille comme assistant ergothérapeute au centre de réadaptation physique de Savar, au Bengladesh.
© CICR / P. Morgan