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Irak : des médecins iraniens forment leurs confrères irakiens aux techniques de réadaptation physique

13-06-2013 Éclairage

Après plusieurs décennies de conflit et du fait de la violence qui sévit encore dans le pays, de nombreux Irakiens souffrent de handicaps physiques, mais le pays fait des efforts pour former ses médecins aux techniques de réadaptation. Pour contribuer à répondre aux besoins dans ce domaine, le CICR, aidé par des médecins iraniens, a organisé en avril dernier un stage de formation véritablement unique à Erbil.

« En Irak, des milliers de personnes amputées et handicapées sont en attente de soins de réadaptation, déclare le docteur Sameer Khalil al-Janabiis, chef du service d’appareillage orthopédique de l’Institut médico-technique de Bagdad. Pour pouvoir répondre efficacement aux besoins des patients, il faudrait de nombreux spécialistes, mais notre institut ne peut accueillir et former qu’un nombre limité d’étudiants. »

En réalité, l’Irak manque d’enseignants et de formateurs expérimentés. « Les médecins qui dirigent actuellement les centres de réadaptation physique en Irak sont en fait des rhumatologues, insuffisamment formés aux techniques de rééducation, déclare Prem Saggurthi, physiothérapeute et délégué du CICR. L’Irak a grand besoin de médecins spécialisés, et seule une formation approfondie peut leur apporter les capacités et les connaissances requises. »

Le CICR fournit aux personnes handicapées d’Irak des services de réadaptation physique et d’appareillage orthopédique depuis 1993. Il soutient actuellement dix centres de réadaptation physique à travers le pays et dirige son propre centre à Erbil. Depuis 2006, il contribue plus activement à la formation des médecins, physiothérapeutes et techniciens.

Ainsi a-t-il organisé en avril 2013, dans son centre d’Erbil et en collaboration avec le ministère de la Santé irakien, le ministère de la Santé du Kurdistan irakien et la Société du Croissant-Rouge de la République islamique d’Iran, le premier stage de formation consacré aux orthèses pour les pathologies des membres inférieurs. Au total, 14 médecins spécialisés en réadaptation physique y ont participé.

La formation a été assurée par un médecin et un physiothérapeute de la Société du Croissant-Rouge de la République islamique d’Iran. « Le Croissant-Rouge iranien a joué un rôle majeur dans l’amélioration des services de réadaptation physique du pays, et il a travaillé en étroite collaboration avec la délégation du CICR en Iran, explique M. Saggurthi. Afin de renforcer les échanges d’expériences entre médecins irakiens et iraniens, nous avons décidé de demander à des spécialistes iraniens de venir en Irak assurer la formation. »

Le docteur Zamani, l’un des spécialistes invités, n’était encore jamais venu en Irak. Il est très satisfait de sa participation : « Mettre en commun nos expériences est essentiel pour progresser dans notre travail, a-t-il expliqué. J’ai été ravi de pouvoir m’adresser à des médecins irakiens. »

L’expérience a été jugée tout aussi positive par les participants irakiens. Le docteur Ola Kamal, chef du service de réadaptation physique de l’Institut médico-technique de Bagdad, a d’ailleurs déclaré : « La formation a dépassé mes attentes, et les animateurs ont abordé des questions importantes. Sur certains aspects, nous n’étions pas tout à fait à jour, mais nous avons appris de nouvelles techniques, notamment en ce qui concerne les critères à prendre en compte quand on prescrit une orthèse, et surtout pour un enfant. Je compte mettre à profit ce que j’ai appris ici et organiser des séminaires pour les étudiants de l’Institut de Bagdad. »

Le docteur Khalid Mahmoud Maarik, un autre participant, a quant à lui insisté sur l’importance de ce type de stages. « Après l’obtention de leur diplôme universitaire, les médecins irakiens ont rarement l’occasion de suivre des formations », a-t-il déclaré.

Un avis partagé par le docteur Zamani : « Les médecins irakiens qui ont suivi la formation avaient tous un bon niveau, mais je sentais qu’ils avaient besoin de renforcer leurs connaissances sur certains aspects de la réadaptation physique, a-t-il souligné. Je me suis notamment rendu compte que la coordination entre les différents spécialistes de ce secteur devait être améliorée en Irak. Nous avons pu aborder certaines de ces questions lors de la formation ; il s’agit maintenant de mettre à profit cette première expérience pour encourager ce type d’initiatives. »

Le besoin de formation a été reconnu par tous les participants, qui ont suggéré que les prochains stages s’adressent également aux techniciens orthoprothésistes et aux physiothérapeutes.

Pour Prem Saggurthi, du CICR, le succès de la formation est la preuve qu’il était judicieux de faire appel à des intervenants iraniens. « Les médecins irakiens nous ont demandé à plusieurs reprises de développer notre offre de formations, mais il est difficile d’en organiser à l’étranger, explique-t-il. Nous avons donc choisi d’inviter des collègues iraniens, et la formation a été un succès ! Ces derniers, à l’instar des participants, se sont montrés très désireux de renouveler l’expérience et d’améliorer le niveau des prochains stages. Ce type de formation est une parfaite occasion d’échanger des informations et de mettre à jour ses connaissances. »


Photos

Session de formation sur l'évaluation des besoins d'une personne avec une orthèse. 

Erbil, Irak.
Session de formation sur l'évaluation des besoins d'une personne avec une orthèse.
© ICRC / G. H. Ali

Des stagiaires en réadaptation physique examinent un patient et étudient ses radiographies. 

Erbil, Irak.
Des stagiaires en réadaptation physique examinent un patient et étudient ses radiographies.
© ICRC / G. H. Ali