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Thaïlande : aider des familles de l’extrême sud à reconstruire leur vie et à rétablir leurs moyens de subsistance

18-07-2013 Éclairage

Depuis neuf ans, l’extrême sud de la Thaïlande est dévasté par la violence, qui a déjà fait des milliers de morts et de blessés. Le CICR aide les familles locales qui souffrent de cette situation difficile en leur apportant un soutien pour qu’elles puissent reconstruire leur vie.

Harrina est la jeune mère d’une adorable fillette de quatre ans prénommée Nur. La petite fille n’avait que deux mois lorsque son père a été envoyé en prison, et sa mère a dû devenir le soutien de famille. « Je ne savais pas quoi faire avec mon bébé, mon mari en prison et sans argent, raconte Harrina, qui dissimule ses larmes derrière son voile en évoquant sa vie de l’époque. Je n’avais jamais travaillé auparavant. »

Dans l’extrême sud, de nombreuses familles ont des histoires personnelles, souvent tragiques, à raconter sur la manière dont la violence les a touchées. Farida, une autre femme de la région, se rappelle encore le jour où, alors qu’elle passait devant une échoppe à thé, quatre hommes se sont arrêtés à sa hauteur et ont ouvert le feu. D’une seconde à l’autre, sa vie a changé. « Tout est arrivé si vite, l’explosion, les gens qui couraient en hurlant et cette douleur incroyable dans mon bras. »

L’attentat a tué quatre personnes et en a blessé neuf, dont Farida. Sa blessure ne s’étant jamais cicatrisée correctement, elle n’a pas pu continuer à confectionner des douceurs pour les vendre au marché. C’était pourtant la principale source de revenus de sa famille.

« Malheureusement, ce sont souvent les femmes et les enfants qui paient le prix de la violence, » explique Mark Kessler, qui dirige les activités du CICR dans la région de Pattani. Nous aidons les personnes qui ont perdu leurs moyens de subsistance à retrouver leur autonomie. »

Harrina et Farida sont les bénéficiaires de projets générateurs de revenus lancés par le CICR dans la région de Pattani. « Les projets s’adressent aux familles dont le soutien est en prison, ou a été blessé ou tué en raison de la violence, ajoute M. Kessler. Ils profitent également à quelques anciens détenus qui ont besoin de reconstruire leur vie. ». L’objectif est de permettre à ces familles de mettre en place une source durable de revenus, tout en tenant compte de leurs intérêts et de leur situation.

Le CICR a ainsi aidé Farida et son mari à monter une plantation de fruits, tandis qu’Harrina a reçu une formation en couture et broderie et possède à présent sa propre boutique. Grâce à la persévérance et au talent de leurs bénéficiaires, ces projets sont de véritables réussites.

Le CICR gère 65 projets de ce type dans l’extrême sud de la Thaïlande ; la majorité sont menés par des femmes. Ces projets vont de l’atelier de couture à la boulangerie, en passant par la construction de maisons. « Le but principal est de générer de la résilience, des compétences et finalement des revenus, pas de distribuer de l’assistance. Grâce à leur détermination et à un travail acharné, des personnes comme Harinna et Farida ont réussi à reprendre le contrôle de leur vie, » explique M. Kessler.

Harinna est fière de ce qu’elle a accompli, même si elle conserve le souvenir du chemin difficile qu’elle a parcouru. « Je visite à présent mon mari en prison une fois par semaine, et je peux m’occuper de ma fille moi-même. Nous allons bien, » résume-t-elle.


Photos

Le CICR a offert à Harinna une machine à coudre et à broder pour l’aider à gagner sa vie.  

Village de Puloh Puyo, province de Pattani, Thaïlande
Le CICR a offert à Harinna une machine à coudre et à broder pour l’aider à gagner sa vie.
© CICR / O. Matthys / v-p-th-e-00226

Maroseh Makehro, un ancien détenu, a reçu du CICR du matériel pour soutenir son projet de culture de champignons. 

Village de Dusontawa, province de Yala, Thaïlande
Maroseh Makehro, un ancien détenu, a reçu du CICR du matériel pour soutenir son projet de culture de champignons.
© CICR / O. Matthys

Saikina Shecmah, à droite, et ses collègues ont reçu du CICR deux machines à faire de petits gâteaux. 

Village de Jakonc, province de Pattani, Thaïlande
Saikina Shecmah, à droite, et ses collègues ont reçu du CICR deux machines à faire de petits gâteaux.
© CICR / O. Matthys / v-p-th-e-00225

Da-oh Mamoh (en T-shirt jaune) se sert du matériel de pêche fourni par le CICR pour reconstruire sa vie après sa sortie de prison.  

Village de Leam Nok, province de Pattani, Thaïlande
Da-oh Mamoh (en T-shirt jaune) se sert du matériel de pêche fourni par le CICR pour reconstruire sa vie après sa sortie de prison.
© CICR / O. Matthys