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Libye / Syrie : une mère et son fils rétablissent le contact

16-12-2013 Éclairage

Siham est syrienne. Il y a plus d’une année, son petit-fils, Fahd, disparaissait pour ne plus jamais réapparaître. Tout ce que Siham et ses proches savent, c’est qu’il a été tué. Ils sont anéantis.

Fuir

Craignant que son plus jeune fils, Marwan, ne connaisse le même sort, Siham, 77 ans, décide d’aller se réfugier avec lui en Libye. Son aîné, Nidal, reste alors en Syrie pour veiller sur le reste de la famille tandis que Marwan passe avec sa mère au Liban, puis en Égypte. Arrivés à la frontière, Siham est autorisée à entrer en Libye, pas son fils.

Al-Tuhami Shilta rentrait d’un voyage professionnel en Égypte. « Des gens m’ont parlé d’une vieille dame livrée à elle-même à la douane qui ne savait pas où aller, explique l’homme d’affaires libyen. C’était la moindre des choses que de lui proposer de l’accueillir chez moi, à Misrata, aussi longtemps que nécessaire. Elle pourrait être ma mère. »

Siham s’installe donc à Misrata chez Al-Tuhami et sa famille, et les mois passent sans aucune nouvelle de Marwan. « Al-Tuhami s’occupe bien de moi », raconte-t-elle. Mais ses fils lui manquent : « Toutes les nuits, je pleurais et je priais le ciel de pouvoir être de nouveau avec Marwan. »

À Misrata, Al-Tuhami se met à la recherche d’éventuels parents ou connaissances de Siham. « J’ai fait de mon mieux, mais personne ne la connaissait. »

Une lueur d’espoir, enfin

Une année passe. L’autre fils de Siham parvient à la contacter depuis l’Égypte, où il a trouvé refuge avec le reste de la famille. Seulement voilà, l’évolution de la situation dans le pays fait qu’il est impossible de la joindre en Libye, et elle est toujours sans nouvelles de Marwan. N’ayant pas été autorisé à entrer en Libye, le fils cadet de Siham a poursuivi sa route pour aboutir finalement en Suède.

Bien qu’il ne l’ait jamais rencontré, Marwan sait comment s’appelle l’homme qui veille sur sa mère à Misrata. Quelqu’un lui conseille de se mettre en rapport avec la Croix-Rouge suédoise, qui demande à Marwan d’écrire un message Croix-Rouge à sa mère. Un dossier est officiellement ouvert, et les recherches débutent à travers le vaste réseau du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

Le nom Shilta n’est pas inconnu à des délégués du CICR ayant visité des lieux de détention à Misrata : il s’agit également du nom d’une personne rencontrée dans le cadre de leurs activités. Un simple coup de téléphone apporte la confirmation qu’Al-Tuhami Shilta est le neveu de cette personne et qu’il est bel et bien celui qui veille sur Siham.

Le CICR et le Croissant-Rouge libyen contactent alors Siham et organisent un appel téléphonique entre elle et son fils. Début octobre, une équipe du CICR lui rend visite chez Al-Tuhami. Siham peut enfin parler à son fils au téléphone. « Quand te reverrai-je ? », lui demande-t-elle le visage baigné de larmes de joie.

Ayant raccroché avec lui, Siham réclame son message Croix-Rouge, qu’elle embrasse et serre sur son cœur, une lueur d’espoir dans les yeux. Elle est enfin un peu plus près de retrouver son fils. « Inch Allah, nous serons bientôt réunis, espère-t-elle. Le pire est peut-être bien derrière nous. »


Photos

Al-Tuhami héberge Siham depuis près d’un an : « Elle est la bienvenue chez moi jusqu’à ce qu’elle puisse rejoindre son fils ». 

Misrata, Libye.
Al-Tuhami héberge Siham depuis près d’un an : « Elle est la bienvenue chez moi jusqu’à ce qu’elle puisse rejoindre son fils ».
© CICR

À l’automne 2012, près de la frontière entre la Libye et l’Égypte, Siham avait été séparée de son fils Marwan, qui avait abouti en Suède. Ils avaient perdu le contact lorsque Marwan avait égaré son téléphone. 

Misrata, Libye.
À l’automne 2012, près de la frontière entre la Libye et l’Égypte, Siham avait été séparée de son fils Marwan, qui avait abouti en Suède. Ils avaient perdu le contact lorsque Marwan avait égaré son téléphone.
© CICR