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Philippines : l’aide financière permet aux familles déplacées de mieux faire face à leur situation à Zamboanga

13-01-2014 Éclairage

Un programme d'assistance en espèces fait partie des secours plus que nécessaires que le CICR et la Croix-Rouge philippine apportent à la population déplacée qui doit encore recouvrer ses moyens de subsistance et ses biens.


Des familles déplacées font la queue à un centre de distribution de secours. ICRC/A.Madrazo

Denusman Wadjarani, un vendeur de charbon de bois, 38 ans, a perdu sa maison à Zamboanga durant les hostilités de septembre 2013, qui ont fait rage sur l'île de Mindanao, aux Philippines. Depuis lors, sa famille (quatre personnes) et lui-même vivent dans le stade bondé Joaquin Enriquez qu’ils considèrent comme leur maison. Ce stade, l'un des 13 centres d'évacuation à Zamboanga, héberge actuellement quelque 16 000 personnes qui ont été évacuées.

Denusman Wadjarani, avec son fils, ramassent du charbon, après avoir reçu une subvention en espèces.  

Denusman Wadjarani, avec son fils, ramassent du charbon, après avoir reçu une subvention en espèces.
© CICR / A.Madrazo

Le 19 décembre 2013, Wadjarani faisait patiemment la queue avec des membres de 5 400 autres familles. Ils prenaient tous part au programme d'assistance en espèces du CICR et de la Croix-Rouge philippine destiné aux personnes qui sont toujours déplacées au bout de quatre mois. Cette aide financière à court terme permet aux bénéficiaires non seulement d'acheter des vivres et des articles de première nécessité directement sur le marché local, mais elle soutient aussi les initiatives pour les moyens de subsistance, tout en rétablissant l'économie locale et la dignité des bénéficiaires.

« J’utiliserai cet argent pour démarrer un petit commerce de reconditionnement et de vente au détail avec dix sacs de charbon », déclare Wadjarani tout heureux car il s’y connaît en tant que fournisseur de charbon. « Je peux même acheter des fruits à mes deux fils », ajoute-t-il.


Les familles utilisent l’argent de diverses manières

Jahara Buklao, dans le centre d’évacuation, où elle prévoit d’ouvrir un petit commerce de détail grâce à la subvention en espèces du CICR. 

Jahara Buklao, dans le centre d’évacuation, où elle prévoit d’ouvrir un petit commerce de détail grâce à la subvention en espèces du CICR.
© CICR / A. Madrazo

Quelque dix mille maisons, bâtiments publics et commerciaux ont été incendiés ou endommagés pendant les affrontements armés de 2013 entre les forces gouvernementales et le Front moro de libération nationale. « Ma maison, vieille de 43 ans, à Santa Barbara a complètement brûlé. J'avais l'habitude de coudre des habits, mais ma machine à coudre a été détruite lors de l’incendie. Ma vie est brisée », dit Jahara Buka, une veuve de 61 ans qui vit dans une tente du stade Enriquez. « L'argent de la Croix-Rouge m'a donné l'espoir de commencer une nouvelle vie. Je vais acheter du poisson et du manioc, et je pourrai aussi ouvrir un petit magasin de vente au détail dans le stade », explique cette mère de huit enfants, les larmes aux yeux.

Le programme d'assistance en espèces est adapté aux différences culturelles. Par exemple, Nida Aboubacar, 45 ans, de la communauté des gens de mer de minorité ethnique Badjao, prévoit d'acheter avec cet argent du manioc et du poisson que les Badjao préfèrent, dit-elle, au riz et aux sardines distribués habituellement. Nina ajoute : « Je suis heureuse parce qu’une partie de l'argent permettra à mon mari d’acheter de l'essence pour le bateau à moteur que nous utilisons pour la pêche. »

Le présent et l’avenir

Le programme du CICR et de la Croix-Rouge philippine donne la priorité aux personnes déplacées qui vivent dans les 13 centres d'évacuation à Zamboanga, bien que certaines distributions bénéficient aussi aux personnes déplacées ailleurs, comme dans la ville côtière de Cawa-Cawa, où Nida et d'autres Badjao ont trouvé refuge. Le programme d'assistance en espèces aux personnes déplacées se poursuivra vraisemblablement jusqu'à la fin février 2014, et d'autres soutiens aux moyens de subsistance sont à l'étude.