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Pérou : Recherche de solutions à la surpopulation carcérale

31-03-2014 Éclairage

Avec le soutien du CICR, l’Institut national pénitentiaire (INPE) a organisé un colloque sur la surpopulation carcérale préoccupante dans les prisons péruviennes. Cinquante participants issus des plus hautes autorités gouvernementales et d’organisations de la société civile se sont penchés sur les mesures d’urgence qui pourraient être adoptées en vue d’apporter une solution au problème.

Silvana Mutti cheffe de la délégation du CICR à Lima avec José Luis Pérez Guadalupe, chef de l'INPE et Walter Albán, ministre de l'Intérieur. 

Silvana Mutti cheffe de la délégation du CICR à Lima avec José Luis Pérez Guadalupe, chef de l'INPE et Walter Albán, ministre de l'Intérieur.
© CICR / K. Navarro

« La situation est préoccupante. Nous recevons de plus en plus de détenus alors que nous n’avons plus la capacité d’en accueillir. Cette situation a des conséquences pour le système pénitentiaire dans son ensemble et entrave son fonctionnement », explique M. José Luis Pérez Guadalupe, président de l’Institut national pénitentiaire (INPE).

Pour le CICR, la surpopulation carcérale est un problème mondial qui revêt de multiples aspects. Du fait de leur nombre, les détenus non seulement ne bénéficient pas de conditions de détention adéquates, mais encore rencontrent des difficultés pour accéder aux services essentiels comme l’approvisionnement en eau, l’assainissement, l’hygiène, l’alimentation et la santé. Par ailleurs, la situation complique la tâche des gardiens et le contrôle des prisons, et entrave également le processus de réinsertion des détenus dans la vie sociale après leur libération.

Sur le thème « Mesures d’urgence face à la crise de la surpopulation dans les établissements pénitentiaires », le colloque a mis l’accent sur la nécessité, pour l’État, d’élaborer une politique relative aux établissements pénitentiaires et sur les mesures à court, moyen et long terme pouvant être mises en œuvre. Il s’agit en particulier de pallier les retards excessifs dans les procédures judiciaires, de prendre des mesures contre le recours généralisé à la « prison préventive », d’améliorer les infrastructures des prisons et d’introduire des mesures alternatives à l’emprisonnement, comme les bracelets électroniques ou le travail d’intérêt général.

Outre des représentants des autorités de l’INPE et du CICR, ont figuré parmi les intervenants M. Alejandro Marambio, ancien directeur du service pénitentiaire fédéral argentin et Mme Lucía Dammert, professeure et chercheuse à l’Université du Chili, qui ont fait part de leurs expériences et ont formulé des recommandations en vue de rendre les prisons plus humaines et de progresser dans la resocialisation des détenus.

Le ministre de l’Intérieur, M. Walter Albán, le vice-ministre de la Justice et des droits de l’homme, M. Jorge Pando et les trois anciens présidents de l’INPE, Wilfredo Pedraza, Gino Costa et Javier Bustamante, ont assisté au colloque en tant qu’invités.

Les participants, qui étaient un peu plus de 50, ont eu l’occasion de formuler et d’examiner diverses propositions visant à régler le problème de la surpopulation carcérale. 

L’INPE estime nécessaire d’élaborer une stratégie intégrale qui apporte rapidement une solution à la crise de la surpopulation généralisée au sein du système carcéral et permette la mise en œuvre des dix mesures pour la réforme pénitentiaire présentées il y a deux ans. De même, il propose que la vision sur les établissements pénitentiaires et les personnes privées de liberté soit intégrée dans une politique pénale et pénitentiaire à moyen et long terme.

Depuis plus de cinq ans, le CICR met en œuvre une stratégie de renforcement global de l’INPE visant à faire évoluer la culture institutionnelle afin de promouvoir de meilleures pratiques dans le domaine pénitentiaire. Ces pratiques doivent être fondées sur les normes internationales minimales relatives à la gestion des prisons et doivent considérer la surpopulation comme un problème appelant des mesures d’urgence.