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Colombie : « Quand les citernes d’eau sont arrivées, tout le village a été en fête ! »

21-03-2014 Éclairage

À Tamaje, une localité de la côte pacifique colombienne, sept habitants sur dix étaient malades parce que l’eau qu’ils consommaient était contaminée. Le CICR a réglé le problème en installant des citernes de stockage de l’eau de pluie pour toutes les maisons, l’école et le dispensaire.

Tamaje est un village du sud-ouest de la Colombie, rattaché à la commune d’Olaya Herrera, dans le département de Nariño. Baigné par le fleuve Patía et situé à une heure de bateau de la côte pacifique, il compte 400 habitants. Le village est confronté aux conséquences de la violence armée depuis 1990. « Nous voyons arriver au fil de l’eau les morts que le fleuve charrie, des gens qui sont tués en amont et dont les corps viennent échouer ici », raconte un homme qui a dû se déplacer plusieurs fois avec sa femme et ses enfants.

La situation est aggravée par le fait que l’eau du fleuve est contaminée par les déchets et par le mercure des mines. « C’est cette eau qu’on devait boire jusqu’à il y a quelques mois. On avait des problèmes de peau et on souffrait de maux de ventre et de diarrhées. »

D’après l’auxiliaire de santé qui fait la promotion de la santé dans le village, sept de ses patients sur dix étaient malades parce qu’ils avaient consommé de l’eau non potable. La situation était donc critique, et empirait pendant les mois de sécheresse : « on en arrivait à boire de la boue ».

Quand le CICR est arrivé dans cette zone, il a jugé urgent de garantir l’accès de cette communauté à l’eau potable. Un travail de réflexion a été engagé avec la communauté afin de décider de façon participative de ce qu’il convenait de faire. La décision collective a été unanime : il fallait tirer parti le mieux possible de l’eau de pluie.

Toutes les habitations, le petit dispensaire et l’école ont ainsi été dotés de citernes de récupération de l’eau. En plus de ces 103 citernes, le CICR a fourni le matériel nécessaire à la récupération et au stockage de l’eau (tubes, raccords et robinets).

« Quand les citernes d’eau sont arrivées, tout le village a été en fête. On était contents, surtout les enfants, qui ne seraient plus obligés d’aller chercher de l’eau. Il était clair pour nous que la Croix-Rouge nous apportait un soutien important, mais que nous aussi, nous avions apporté notre contribution. »

Les familles ont été si actives qu’en quelques heures, la plupart des citernes ont été installées. Pour compléter cette assistance, une formation a été dispensée à 22 agents communautaires, sur les moyens de rendre l’environnement plus sain.

Des familles ont même reconstruit complètement leurs maisons en bois pour suivre les recommandations données. Elles ont installé les latrines et les fours à bois à l’extérieur des habitations, ont décidé de points de collecte des déchets et ont creusé des tranchées pour assécher des marécages proches du village qui constituaient aussi une source de pollution.

Comme les citernes ont été installées en plein été, la pluie s’est fait attendre deux ou trois semaines. Les habitants étaient impatients et inquiets. Et soudain, des éclairs ont illuminé le ciel et il s’est mis à pleuvoir comme il n’avait pas plu depuis longtemps.

L’eau propre a transformé la vie des habitants de Tamaje. « Nous sommes en meilleure santé, le centre de santé et l’école ont recommencé à fonctionner à plein et notre communauté est plus soudée car nous nous sommes mis d’accord pour travailler en équipe. »

Près de 400 adultes, jeunes et enfants disposent aujourd’hui d’une eau propre et fraîche qu’ils peuvent boire. Le conflit armé se poursuit dans cette zone, mais au moins la sécheresse est moins dure à supporter. Aujourd’hui à Tamaje, l’espoir renaît.


Photos

Une des 103 citernes fournies par le CICR. 

Une des 103 citernes fournies par le CICR.
/ CC BY-SA 2.0 / B. Heger