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Florence Nightingale : un héritage qui perdure

13-08-2010 Éclairage

Rares sont les personnes qui ont eu retentissement aussi important dans le monde des soins infirmiers que Florence Nightingale. Née en 1820, elle fait rapidement figure de pionnière dans son domaine et acquiert une renommée légendaire de son vivant, grâce à sa contribution inestimable à la profession d'infirmier et aux soins de santé en général.

À l’époque, il n’existe pour ainsi dire pas de formation officielle en soins infirmiers. Aussi Florence Nightingale est-elle en quelque sorte une autodidacte. C’est donc sur la base de connaissances empiriques qu’elle s’impose non seulement comme infirmière qui force le respect, mais également en tant que l’une des premières spécialistes en hygiène et santé publique.

De la même manière que l’idée visionnaire de créer ce qui deviendra le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge est venue à Henry Dunant sur le champ de bataille de Solférino, en Italie, la vocation de Florence Nightingale de réformer les soins de santé est ancrée dans les expériences qu’elle a vécues pendant la guerre de Crimée (1854-1856). D’ailleurs, Henry Dunant lui-même reconnaît que les idées qui l’ont amené à fonder la Croix-Rouge ont été influencées par l’œuvre de Florence Nightingale.

Le jour où, avec 40 autres infirmières, elle se porte volontaire pour soigner les soldats blessés entassés dans un hôpital de la banlieue stambouliote de Scutari, elle se trouve confrontée à une situation épouvantable : saleté, surpopulation, rats, manque de nourriture et de vêtement, et pénurie de personnel médical, de matériel et de médicaments. En outre, elle doit d'entrée faire face à l'animosité de médecins qui voient en elle une intruse. Forte de son extraordinaire don de l’organisation, de son esprit d’entreprise et d’une détermination inébranlable, elle parvient cependant à améliorer le fonctionnement de l’hôpital et à faire accepter la présence de ses consœurs infirmières.

La nuit, lorsqu’elle n’est pas occupée à écrire des lettres pour les soldats à leurs familles, elle déamb ule dans les chambres, une torche à la main, et apporte réconfort à ses patients ; ce qui lui vaut le surnom de « dame à la lampe ». De retour en Angleterre, Florence Nightingale travaille sans relâche à faire progresser les causes qui lui sont chères : réorganiser les services médicaux de l’armée, changer l’agencement des hôpitaux, développer le secteur de la médecine préventive et veiller à ce que les infirmières puissent prétendre à un statut plus privilégié et à une meilleure formation.

Mettant à profit ce qu’elle a appris pendant la guerre de Crimée, elle écrit un livre intitulé Notes on Nursing . Elle y explique en détail comment créer des conditions favorisant le bien-être et la guérison des patients, et y donne une série de conseils pratiques qui vont à contre-courant des convictions de l’époque. Son sens pratique solide, allié à une lucidité étonnante, est une des caractéristiques de l'approche qui est la sienne, et qui, aujourd'hui encore, en dépit de tous les progrès intervenus depuis dans les domaines de la science médicale et des soins de santé, a toujours tout son sens.

L’exemple de Florence Nightingale a inspiré et continue d'inspirer d'innombrables infirmières et infirmiers dans le monde entier. En 1912, une médaille a été créée en son honneur pour récompenser le mérite de membres du personnel infirmier qui se distinguent par les soins exceptionnels qu'ils prodiguent à des malades ou à des blessés dans des situations de conflit ou de catastrophe naturelle.