Guatemala : un jeune Maya à la recherche de son identité
29-08-2008 Éclairage
Selon le rapport élaboré par la Comisión para el Esclarecimiento Histórico (CEH, Commission pour l’éclaircissement historique), environ 5 000 enfants furent séparés de leur famille pendant le conflit armé interne qui déchira le Guatemala. Sebastián Max était l’un d’eux. Il dut attendre vingt-huit ans pour connaître son identité.
Dans leur fuite éperdue, Sebastián tomba des bras de sa sœur Adelina, qui ne put pas retourner le chercher. Il fut considéré comme mort.
Il fut recueilli par une autre famille, qui lui donna le nom de Felipe Castro Maldonado. À 10 ans, il s’enfuit de cette famille et à 16 ans , comme beaucoup d’autres jeunes dans sa situation, il s’enrôla dans l’armée. Après avoir quitté l’armée, il travailla dans une usine de textiles, où il fit la connaissance de celle qui allait devenir son épouse, avec laquelle il a eu un fils.
Pendant tout ce temps, Felipe vécut tourmenté par les doutes et l’incertitude. Enfin, il se décida à s’adresser à l’association Donde están las niñas y los niños (« Où sont les filles et les garçons ») pour reconstituer son histoire.
L’association obtint des informations sur le cas du jeune Felipe – en fait Sebastián – dans la municipalité d’Uspatán (département d’El Quiché), et commença immédiatement les recherches dans différents hameaux, villages et propriétés de la région de Playa Grande et d’autres lieux proches d’Alta Verapaz. Son enquête l’amena dans le village de Rocja Pasacuc, où elle put localiser Adelina et Marcelina, les sœurs de Sebastián.
Le 26 avril 2008, au bout de 28 ans d’incertitude, les frère et sœurs Max se sont retrouvés à Rocja Pasacuc. « Je pensais que mon petit frère était mort, se rappelle Adelina, mais grâce à l’enquête de l’association, je peux le serrer dans mes bras. »
« Aujourd’hui, ce que j’ai tant es péré se réalise. Ma vie a été dure, mais maintenant cela a changé, c’est une autre vie qui commence pour toujours… Maintenant, j’ai une famille, je ne suis plus seul, et eux non plus ne sont plus seuls », confiait Sebastián lors des retrouvailles.
Au Guatemala, le CICR apporte un soutien aux activités de rétablissement des liens familiaux menées par les organisations non gouvernementales qui travaillent dans ce domaine, afin que le droit de savoir se transforme en réalité.
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