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Séisme en Haïti : le CICR ouvre des postes de premiers secours dans une zone déshéritée

27-01-2010 Éclairage

Plus de 20 000 personnes déplacées par le séisme vivent dans un immense camp de fortune à Bel-Air, un des districts les plus pauvres à Port-au-Prince. Dans ce quartier depuis longtemps en proie à la violence des rues, rares sont les organisations humanitaires à s’être engagées à ce jour, malgré les conditions très difficiles auxquelles la population est confrontée depuis le tremblement de terre. Le CICR et la Croix-Rouge haïtienne y ont mis en place des postes de premiers secours.

 

    ©ICRC/M. Kokic/ht-e-00520      
   
    Bel-Air, un des bidonvilles les plus dangereux de Port-au-Prince et site d’un nouveau poste de premiers secours du CICR      
    « Nous n’avons jamais travaillé précisément dans ce quartier avant le séisme, mais connaissions bon nombre de personnes clés de la communauté », dit Roberto Faure, un délégué du CICR qui connaît bien les lieux. « En nous entretenant avec ces dernières avant de les aider, nous nous assurons d’être acceptés et pouvons être utiles pour la population que nous essayons d’atteindre. » Le CICR a tout d’abord mené sa propre évaluation des besoins dans le camp. Il a ensuite fait appel à ses contacts pour leur demander leur avis. James, 28 ans, a passé des années en prison et travaille aujourd’hui pour une ONG locale. Personnalité respectée à Bel-Air, il connaît de nombreux chefs de gangs et, c’est au fil des années, qu’il a gagné leur respect. Nous le rencontrons dans un camp plus petit, juste en dehors du quartier, avec sept autres chefs de communauté, dont des médecins. Ils disent connaître le CICR, ils font confiance à l’institution car ils la voient à l’oeuvre depuis des années et proposent de servir de lien entre l’institution et ceux qui supervisent au jour le jour l’administration du camp. Peu d’aide est arrivée jusqu’à eux, précisent-ils, ce qui est confirmé par l’évaluation indépendante du CICR.

    ©ICRC/M. Kokic/ht-e-00543      
   
    Les volontaires de la Croix-Rouge haïtienne dispensent les premiers soins à un enfant au poste de premiers secours installé à Bel-Air par le CICR      
    Béatriz Ka rottki, déléguée santé du CICR, explique aux personnes rassemblées que l’institution souhaite ouvrir un poste de premiers secours à l’asile communal qui accueille une centaine de personnes âgées particulièrement vulnérables qui vivent aux côtés de 6700 autres personnes déplacées par le séisme. James et les médecins locaux indiquent qu’ils sont à court de médicaments et de matériel médical. « Nous avons dû enterrer 283 morts ces derniers jours », dit James. Roberto et Béatrix expliquent au groupe que le CICR n'ouvrira pas de poste avant d’avoir l’assurance que ce poste sera accepté par le camp. « Le soutien de ceux qui sont à la tête de la communauté est essentiel pour que les volontaires de la Croix-Rouge haïtienne puissent s’intégrer dans la communauté », dit Roberto. James et les médecins locaux conviennent que l’asile communal est un bon choix pour installer un deuxième poste de premiers secours. Toutefois, ils proposent un autre endroit pour le deuxième poste que le CICR avait prévu d’ouvrir Place de la Paix. Bollimand est un quartier plus sûr et ses 7 000 habitants n’ont pas encore eu accès à des soins médicaux depuis le séisme.  

    ©ICRC/M. Kokic/ht-e-00518      
   
    Le séisme a soufflé le foyer dans lequel vivaient ces personnes âgées qui sont contraintes de dormir dehors à Bel-Air, un des bidonvilles les plus dangereux de Haïti.      
    Le premier poste est rapidement mis en place à l’asile avec l’aide des volontaires de la Croix-Rouge haïtienne qui y travailleront. À proximité, une centaine de personnes âgées déboussolées. Certaines ont encore de la famille, d’autres ont été abandonnées et semblent complètement perdues, recroquevillées sur leurs lits, l’air hagard pointé en direction des bâches au-dessus de leurs têtes. Les patients commencent à arriver dès que la tente est montée.

L’équipe du CICR suit James, Duval et d’autres personnes de la communauté le long des allées étroites du camp. Les personnes du camp n’ont pas vu d’étrangers depuis leur arrivée dans le camp mais elles leur réservent un bon accueil. Le camp semble se transformer rapidement en bidonville avec son propre marché alimentaire et ses vendeurs de rue. Une motocyclette déambule entre les tentes. Les femmes vendent de petites quantités d’okra et de chili enveloppées dans du papier journal. Les enfants vendent de la glace, les jeunes hommes jouent aux cartes. « Les personnes s’installent pour de bon», dit James qui a six enfants et est né à Bel-Air.

Nous entrons dans le camp Bollimand, divisé en trois zones contrôlées par différents groupes. Les plus jeunes préparent de nouvelles zones, qui abritaient auparavant les poulaillers, pour faire de la place aux personnes déplacées qui affluent. James présente l’équipe du CICR au pasteur Roland, le prédicateur local, qui souhaite la bienvenue aux délégués. Selon Béatriz et Roberto, il serait utile d’ouvrir le deuxième poste de secours dans la petite clairière à l’extrémité du camp. Il est facile d’accéder à Bollimand et l’emplacement du poste permettra aux volontaires de la Croix-Rouge haïtienne de mieux servir la communauté. « Nous vous remercions de tout cœur et vous souhaitons la bienvenue », dit le pasteur Roland tandis que l’équipe du CICR monte une deuxième tente pour dispenser des premiers secours.