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Koweït/Irak : toujours portés disparus depuis la guerre du Golfe de 1990-1991

24-06-2010 Éclairage

Aujourd’hui, on n’a toujours pas retrouvé la trace de centaines de Koweïtiens et d’Irakiens portés disparus à la suite de la guerre du Golfe de 1990-1991. Dans le but de soutenir les efforts déployés pour retrouver et récupérer leurs restes, et informer les familles du sort de leurs proches disparus, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et le sous-comité technique de la Commission tripartite, qui enquête sur les cas non résolus de disparitions, ont organisé la deuxième réunion technique destinée aux spécialistes des sciences médicolégales.

     
     
   
     
               
     
   
     
           

Le 3 mai dernier, le sous-comité technique de la Commission tripartite, qui traite les cas de personnes portées disparues dans le cadre de la guerre du Golfe de 1990-1991, a tenu sa deuxième réunion technique destinée aux spécialistes des sciences médicolégales et aux techniciens en scène de crime. Lors de cette réunion, qui était organisée et présidée par le CICR, des experts des États-Unis, du Royaume-Uni, de l’Irak, du Koweït et du CICR ont décidé de constituer un groupe consultatif ad hoc dont la tâche consistera à soutenir les activités visant à retrouver et à récupérer les restes de centaines de Koweïtiens et d’Irakiens toujours portés disparus depuis la guerre de 1990-1991.

Les membres du groupe ont été invités à assister à une opération d’exhumation qui devait débuter le 4 mai sur un site d'inhumation dans le désert du Koweït, à une quinzaine de kilomètres de la frontière irakienne. Durant trois jours, des spécialistes des sciences médicolégales, sous la direction d’experts du département koweïtien de criminalistique, ont exhumé les restes de 55 personnes. Le 17 mai, ces restes ont été rapatriés en Irak sous les auspices du CICR, via le poste-frontière situé entre les localités d'Abdali et de Safwan.

« Cette opération marque une avancée importante et démontre la volonté de toutes les parties concernées de faire la lumière sur le sort des personnes disparues et de communiquer aux familles les informations dont elles disposent, déclare Jean-Michel Monod, chef de la délégation régionale du CICR au Koweït. L'exhumation a été possible grâce aux recherches effectuées par le CICR, sur la base de documents mis à disposition par les forces de coalition en 1991, pour localiser le site, où avaient été enterrés 47 soldats irakiens tués au combat. »

Les corps avaient été ensevelis par les forces armées saoudiennes conformément aux rites islamiques et aux dispositions des Conventions de Genève relatives à l'inhumation des morts. Les documents d'identité retrouvés sur place devraient permettre aux autorités irakiennes de restituer assez rapidement une partie des restes aux familles.

Des centaines de familles de personnes portées disparues dans le cadre de la guerre du Golfe de 1990-1991 sont, aujourd'hui encore, plongées dans les affres de l'incertitude, attendant toujours des nouvelles de leurs proches. En vertu du droit international humanitaire, les familles ont le droit de savoir ce qu'il est advenu de leurs êtres chers, et les parties au conflit ont la responsabilité de faire la lumière sur le sort des personnes portées disparues et d'informer les proches des résultats de leurs recherches.