Cisjordanie : cours de transformation agroalimentaire à Tulkarem
29-06-2007 Éclairage
Apprendre à conserver les produits cultivés localement : c’est un nouveau projet qui crée une source de revenus pour les femmes de Tulkarem et leur donne la possibilité de se faire des amies et de se sentir moins isolées. Bernard Barrett raconte.
« Cette formation permet aux femmes d’améliorer leur situation économique et les aide à subvenir aux besoins de leur famille, » explique Nadia Kittani, coordinatrice du bureau de Tulkarem de l’ONG Palestinian Working Women Society for Development. Elle ajoute : « Elles utilisent leur propres ressources et ne dépendent pas de la charité, ce qui augmente leur estime de soi. Le fait de travailler ensemble rompt aussi leur isolement social. »
« Les femmes viennent toutes de zones touchées par le tracé de la barrière de Cisjordanie, » explique Frédéric Dumont, qui travaille au bureau du CICR à Tulkarem. « Normalement, la région vit de l'agriculture, mais le tracé de la barrière a coupé de nombreuses familles de leurs terres. L’accès à leurs champs et à leurs vergers est devenu difficile, voire impossible, » ajoute-t-il.
« Bien que le cours ait pour but d’apprendre aux femmes à transformer les aliments à des fins commerciales, il les aidera également à gérer au mieux leur budget alimentaire familial. Les techniques de conservation, de stockage et de mise en bouteilles leur permettront d’acheter les produits lorsque les prix sont bas et d’éviter qu'ils ne se détériorent, » explique-t-il.
Les produits qu’elles utilisent sont cultivés localement – poivrons verts, concombres, tomates, okra, aubergines, abricots, oranges et citrons. On espère également que ce projet permette d’absorber une partie des surplus au moment de la récolte. Les femmes apprennent diverses techniques : mise en bouteilles, congélation, conservation dans la saumure, fabrication de boissons non alcoolisées, et même cuisson au four et fabrication de fromage.
« Nous avions toutes nos méthodes traditionnelles, déclare Itidal Khaseeb, l'une des participantes de 46 ans, mais on nous enseigne des moyens plus appropriés et plus sains de conse rver et de stocker les produits. Les déchets ont toujours été un gros problème, mais nous apprenons des techniques et des recettes qui évitent la détérioration des aliments. »
« Les cours portent aussi sur la commercialisation et la manière de rendre les produits plus attrayants, " ajoute Amal Harashi, un autre participant de 45 ans, « et nous apprenons aussi quelle est la meilleure saison pour acheter les produits au plus bas prix et comment faire en sorte qu’ils se conservent le plus longtemps possible ».
Rihab Harashi exprime l’espoir d'améliorer la situation familiale grâce à l’argent qu'elle va gagner en plus. « Ce n'est pas du luxe, explique-t-elle. Cet argent servira à payer des consultations médicales pour les enfants, les factures de téléphone, des vêtements et les frais de scolarité ».
Nadihi Nafflhi, de 46 ans, est veuve et a six enfants. Elle dit que les cours de formation ont soudé les participants et tissé des liens étroits. « Dans notre village, Qaffin, nous avons une vie sociale, mais nos rencontres se limitent souvent aux anniversaires, aux mariages et aux visites à la famille ». Elle parle de la formation avec enthousiasme : « Je serai en mesure de gagner de l'argent tout en m'occupant de mes enfants à la maison ».
-
Partager
|

