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Somalie : une goutte d'eau dans un océan de sécheresse

27-06-2006 Éclairage

Habiba Abdurahman, bergère de 54 ans, habite dans la région du centre de la Somalie, pays situé au sud du Sahara et dont la population doit faire face à une menace accrue de sécheresse aggravée par 15 années de violence armée. La famille d'Habiba tire ses revenus de son bétail. Depuis plusieurs saisons, le manque de pâturage et la pénurie d'eau ne cessent de préoccuper la population du centre et du sud du pays.

     

    ©CICR/P. Yazdi      
   
    Habiba Abdulrahman      
        J'ai rencontré Habiba au point de distribution d'eau. Les camions du CICR acheminent l'eau tous les jours dans les zones frappées par la sécheresse, tandis que les spéc ialistes de l'institution remettent en état le dispositif d'approvisionnement de la région. En attendant, les camions satisfont aux besoins en eau de la population.

« Sans cette distribution, nous ne pourrions pas survivre », explique Habiba en détachant les deux petits jerrycans traditionnels de son chameau.

« De chez moi au point de distribution d'eau du CICR, il y a sept heures de marche. Je viens ici tous les jours avec mon fils. Cette eau ne suffit que pour notre consommation quotidienne, j’en donne une petite quantité aux animaux faibles. »

Dix minutes plus tard, elle tirait déjà la corde de son chameau pour effectuer un autre trajet de sept heures sous la chaleur du soleil de midi.

J'ai passé la nuit dans cette zone et, le jour suivant, je suis allé à la distribution de nourriture organisée par le CICR et le Croissant-Rouge de Somalie. Les femmes et les enfants étaient venus en masse au lieu de réunion et étaient alignés par groupes de dix, impatients de recevoir leur part de maïs, d’huile de soja, et de haricots.

Habiba Abdurahman y était également, l’employé local du CICR l’avait informée la veille de la distribution. Le CICR est persuadé que la distribution de nourriture aux femmes permet à toute la famille de bénéficier de l'aide ; habituellement, ce sont les femmes qui font la cuisine. Il y avait de la joie dans l'air en prévision du repas à venir.

La sécheresse qui sévit dans la région a entraîné une baisse vertigineuse du prix de vente des bêtes et, par conséquent, du pouvoir d’achat de la population locale. En effet, la majorité des Somaliens vivent de leur bétail et leur situation est d’autant plus désastreuse.

Cela étant, le CICR a mis en œuvre un programme de déstockage, consistan t à acheter des chèvres en bonne santé sur les marchés locaux. Cela apporte de l’argent liquide dans les communautés, qui peuvent ainsi acheter d’autres articles de première nécessité. Les bêtes sont ensuite tuées selon la tradition et la coutume et dépecées par des volontaires qualifiés du Croissant-Rouge de Somalie.

La viande fraîche est soit distribuée aux nécessiteux sur place, soit séchée avant d’être transportée ailleurs pour distribution. Lorsqu’on parcourt les routes des régions du centre et du sud de la Somalie, on est consterné de voir le grand nombre de cadavres de chèvres et de vaches mortes de soif et de faim faute de pâturage.

Les premières pluies sont enfin arrivées début mai. Cependant, les efforts humanitaires doivent être poursuivis, car la sécheresse a réduit les moyens de subsistance de la population – en particulier en ce qui concerne l’agriculture et l’élevage de bovins.