• Envoyer
  • Imprimer

Ouganda : rendre la vie plus facile aux futures mamans

20-04-2010 Éclairage

Situé dans le district de Gulu, le centre de santé de Lugore est l’une des 14 structures de ce genre de la sous-région d'Acholi (nord de l’Ouganda) à avoir bénéficié du soutien du CICR. David Otto Labeja, un collaborateur de l’institution, explique comment ce centre contribue à rendre la vie des futures mamans plus facile.

 
       
    ©CICR/P. Yazdi/ug-e-00285      
   
    Dans un centre de santé du district de Pader, semblable à celui de Lugore. La perspective d'accoucher en toute sécurité et de recevoir un « mama kit » du CICR a convaincu cette femme d’avoir pour la première fois son bébé dans un centre de santé. C’est son troisième enfant.      
           
       
    ©CICR/P. Yazdi/ug-e-00278      
   
    Jour de pesée et de vaccination au centre de santé d’Omot (district de Pader), l’une des 14 structures de santé bénéficiant du soutien du CICR dans le nord de l’Ouganda.      
           
       
    ©CICR/P. Yazdi/ug-e-00275      
   
    Centre de santé d’Omot (district de Pader), l’une des 14 structures de santé bénéficiant du soutien du CICR dans le nord de l’Ouganda. Depuis que cette photo a été prise, et afin d’accroître la capacité du centre, le CICR a construit un espace maternité supplémentaire de quatre chambres, de nouvelles latrines et une fosse à placenta. En outre, de nouveaux logements pour le personnel accueillent aujourd’hui quatre familles.      
           
   

En 2005, Elizabeth Arach, 65 ans, a aidé sa belle-fille à mettre au monde son premier enfant dans une hutte de chaume mal éclairée de Karuma, dans le district de Masindi (ouest de l’Ouganda). Deux ans plus tard, elle et sa famille étaient obligées de fuir par l’Armée de résistance du Seigneur, pour se réfugier dans le village d’Abalokodi, dans le sous-comté de Palaro (district de Gulu).

  Accoucher en toute sécurité à juste une heure de marche  

Comme l’explique Mme Arach, même si elle n’avait pas été déplacée, elle aurait dû parcourir à pied 11 km pour se rendre à Awach, le centre de santé le plus proche offrant, à l’époque, des services de maternité. « Mais aujourd’hui, je n’ai plus qu’une heure à marcher pour aller me faire soigner au centre de santé de Lugore », dit-elle en attendant la naissance imminente de son deuxième petit-enfant à la maternité du centre. Et d’ajouter, les yeux pleins de larmes de joie : « J’ai confiance dans ce centre : les sages-femmes traditionnelles sont expérimentées et les infirmières vraiment professionnelles. »

Construit en 2005, cette structure ne comprenait à l’origine que trois pièces, qui étaient utilisées pour stocker, préparer et délivrer des médicaments, ainsi que pour loger des employés. Le CICR a commencé à apporter son soutien au centre de santé en 2007, en améliorant la structure de l’époque et en construisant une nouvelle unité de soins pour patients hospitalisés, une hutte d’attente séparée, des logements pour le personnel pouvant accueillir 4 familles, et un système d’évacuation des eaux usées. Le centre a en outre été clôturé et un puits construit pour l'approvi sionner en eau.

Enfin, le CICR a entrepris de prendre régulièrement en charge la fourniture de médicaments et la formation du personnel de santé. En 2009, le centre a finalement été remis au ministère ougandais de la Santé. À l’heure qu’il est, le CICR soutient toujours dans la région 11 autres centres de soins de santé.

  Toujours davantage de femmes viennent accoucher au centre  

Jovana Ajok, l’infirmière responsable du centre de santé de Lugore, indique que le nombre de personnes qui font appel à ses services ne cesse d’augmenter. Certaines semaines, plus de dix bébés y voient le jour, ce qui fait plus de naissances que celles enregistrées dans d’autres établissements plus sophistiqués de la région. Et bien que le gouvernement recommande aux femmes d’aller accoucher dans des centres plus perfectionnés, Mme Ajok relève que les améliorations intervenues à Lugore en font un endroit particulièrement prisé.

« Dès la mise en place de notre programme de santé reproductive à Lugore, beaucoup de femmes ont commencé à venir accoucher ici », déclare Florence Aneko Ogwang, responsable des soins de santé au CICR. « C’est ainsi que le Dr Paul Onek, directeur des services de santé du district, a approuvé la construction d’une pièce supplémentaire pour remédier à la pénurie de lits disponibles. »

  Les « mama kits » font un tabac  

Mme Ogwang attribue l’augmentation du nombre de naissances à Lugore au professionnalisme de l’équipe médicale et à la motivation d’un groupe de sages-femmes traditionnelles, deux facteurs qui encouragent les femmes à venir accoucher au centre.

Le CICR continue à apporter son soutien au centre en lui procurant les fournitures dont il a besoin, entre autres des médicaments, des moustiquaires et des « mama kits », ce qui incite les futures mamans à venir y accoucher. Les « mama kits » qu’elles reçoivent contiennent un assortiment de divers articles, notamment une serviette éponge, un porte-bébé traditionnel (kanga), des serviettes hygiéniques, une lame de rasoir, du fil pour ligaturer le cordon ombilical, des gants, du savon, une feuille de plastique pour le lit d’accouchement, du coton hydrophile et une pommade oculaire.

  Les campagnes de sensibilisation à la santé contribuent à amener les personnes défavorisées dans les centres  

Selon les statistiques du centre de santé, quelque 850 personnes viennent aujourd’hui s’y faire soigner chaque moi, contre 500 en 2007. Mme Ajok précise que le CICR a également formé les gens à mettre sur pied et à mener des campagnes de sensibilisation à la santé. Aussi, nombreuses sont les personnes qui retournent dans leur village d'origine et qui connaissent désormais l'importance pour les futures mamans et les malades dont l'état nécessite des soins de se faire suivre dans un centre de santé.

Chris Owen Okoya, représentant du sous-comté de Palaro au conseil du district, affirme que le soutien du CICR a permis de combler les lacunes qui existaient dans le secteur de la santé. « Nous avons rattrapé le reste du pays en termes de services de santé, et la communauté est heureuses des résultats obtenus grâce aux programmes du CICR. »