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Zimbabwe : le CICR étend son soutien aux zones rurales, tandis que le choléra continue de faire des victimes

18-02-2009 Éclairage

Le CICR soutient les efforts des autorités sanitaires visant à lutter contre l’épidémie de choléra. Depuis décembre dernier, il étend son assistance aux zones rurales.

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    © CICR/R. Waudo      
   
    Village de Nyamupamire, dans le nord-ouest du Zimbabwe. Unité temporaire de traitement du choléra.      
               
    © CICR/R. Waudo       
   
    Village de Nyamupamire, dans le nord-ouest du Zimbabwe. Une infirmière administre des sels de réhydratation orale à un jeune patient atteint du choléra.      
               
    ©CICR/R. Waudo       
   
    Village de Nyamupamire, dans le nord-ouest du Zimbabwe. Le personnel sanitaire informe les habitants des zones rurales des moyens de se protéger du choléra.      
           

La maladie a fait plus de 3 200 victimes et plus de 63 000 cas ont été enregistrés. Il s’agit de la pire épidémie qu’ait connu le pays en 14 ans et aucune région n’est épargnée. Bien que la situation s’améliore à Harare, la capitale, l’épidémie continue de se propager dans les zones rurales reculées.

La propagation de l’épidémie est principalement due au fait que la population rurale ne sait pas comment lutter contre la maladie, et aux infrastructures d’approvisionnement en eau et d’assainissement inadéquates. Ces problèmes sont aggravés par une mauvaise alimentation due à la crise économique.

Chinhoyi est une petite ville à 115 km de la capitale, dans le nord-ouest du pays. Elle se trouve dans l’une des zones les plus touchées par le choléra, totalisant près de 4 000 cas enregistrés et plus de 140 décès.

Quand les autorités sanitaires ont installé un centre temporaire de traitement du choléra dans la salle communautaire de Chinhoyi, il s’agissait du seul point de traitement du district. Le taux d’infection et les décès dus au choléra ont continué de croître considérablement dans les zones reculées du district, principalement car les résidents des communautés rurales pauvres n’avaient pas les moyens de se rendre à Chinhoyi pour se faire soigner. Les autorités sanitaires ont par conséquent installé neuf unités de traitement satellites dans les zones rurales.

  Un parcours accidenté jusqu’au centre de traitement  

L’unité de traitement du choléra du village de Nyamupamire se trouve à 65 km de Chinhoyi, mais il faut au CICR une heure et demie pour s’y ren dre en voiture sur la route accidentée. L’unité de traitement comprend 11 tentes, dont huit ont été données par le CICR. L’infirmier en chef, Edington Murwira, expose la situation actuelle : « Nous n’avons que quatre patients ici aujourd’hui, après la forte affluence de la semaine dernière. Heureusement, nous avons pu laisser partir tous les autres ». Nomsa, une patiente hospitalisée, se repose dans son lit. « Quand j’ai été admise, j’étais très malade. Je ne me rappelle même pas comment je suis arrivée ici, mais aujourd’hui, je rentre enfin chez moi », dit-elle.

Un groupe de cinq personnes se dirige vers l’entrée. L’une d’elles pousse une brouette qu’une autre tire avec une corde nouée à l’avant. Sur ce moyen de transport improvisé se trouve une personne allongée sous une vieille couverture. Deux travailleurs sanitaires vont leur apporter de l’aide. Ils dirigent le groupe vers la tente de la « salle de consultation ».

L’infirmier en chef soulève la couverture pour découvrir une vieille dame très maigre et souffrante. Il l’examine rapidement et donne des instructions aux infirmiers. La vieille femme est emmenée vers la tente de la « salle des femmes », où le traitement contre le choléra débute immédiatement avec une perfusion intraveineuse. La réhydratation contribuera à rétablir les fluides organiques de la patiente et lui sauvera la vie. De nombreuses personnes atteintes du choléra ne peuvent pas se rendre dans les installations médicales, ou arrivent trop tard et meurent de la maladie.

Une fois la patiente admise, les vêtements et les mains des proches qui l’ont transportée sont vaporisés avec une solution chlorée, qui détruit la bactérie responsable du choléra.

  « Nous ne savions pas quoi faire »  

Les personnes qui ont transporté la patiente sont des membres de sa famille proche. « Elle ne mangeait rien et vomissait toute l’eau que nous lui donnions à boire. Nous ne savions pas quoi faire, alors nous l’avons amenée ici, explique sa sœur Elisabeth, d’une voix tremblante. Nous prions pour qu’elle se rétablisse. »

L’unité de traitement du choléra de Nyamupamire et les huit autres unités satellites sont un élément essentiel de la stratégie consistant à rapprocher les services médicaux des communautés rurales touchées. Ces centres de santé ont traité plus de 3 800 malades du choléra. Pour aider les autorités sanitaires, le CICR a fourni 3 250 litres de liquide pour intraveineuses, 1 500 paquets de sels de réhydratation orale, 10 000 comprimés d’antibiotiques, d’autres fournitures médicales ainsi que des vêtements de protection pour les travailleurs sanitaires.

Le CICR fournit en outre des vivres pour les patients et le personnel médical, une contribution essentielle. En plus de gérer les cas de choléra, le CICR fait de la prévention en sensibilisant les communautés et en leur dispensant une éducation sanitaire, en supervisant les enterrements et en désinfectant les foyers des patients en les vaporisant. De plus, le CICR travaille dans les villes de Kadoma et de Chegutu pour améliorer l’approvisionnement en eau et l’assainissement, et promouvoir les efforts de prévention du choléra.

Le CICR coordonne ses activités avec la Croix-Rouge du Zimbabwe, la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, et les unités d’intervention d’urgence des Sociétés nationales allemande, autrichienne, britannique, espagnole, française, japonaise et norvégienne pour aider les autorités sanitaires dans leurs efforts visant à aider les personnes ayant contracté le choléra dans diverses régions du pays. Bien qu’il soit difficile de prédire comment évoluera l’épidémie, le nombre de patients atteints du choléra au Zimbabwe continue de croître aujourd’hui.