Zimbabwe : aider les autorités sanitaires à lutter contre le paludisme dans les communautés isolées
21-05-2007 Éclairage
Le paludisme est la deuxième cause de décès du Zimbabwe, après le sida. Le ministère de la Santé a mis sur pied une stratégie efficace pour lutter contre cette maladie, mais comme il ne dispose pas toujours des ressources nécessaires pour la mettre en œuvre, le CICR s’y attaque.
« Chaque année, le paludisme cause des centaines de morts inutiles parmi les enfants de cette région », déplore sœur Catherine Ngwane, l’infirmière responsable de l’hôpital de la mission de Pumula dans le district de Tsholotsho. C’est une des 16 structures sanitaires rurales isolées actuellement so utenues par le CICR.
Conformément aux besoins exprimés par le ministère de la Santé, le CICR est en train de distribuer 30 000 moustiquaires imprégnées d’insecticide à effet longue durée aux ménages de trois districts ruraux : Tsholotsho, Chivi et Makoni.
Les moustiquaires sont principalement destinées aux enfants de moins de cinq ans et aux femmes enceintes, les deux groupes les plus vulnérables. Des études ont montré que les moustiquaires peuvent réduire de 85% le risque d’infection à la maladie si elles sont utilisées correctement. C’est pourquoi, lors de toutes ses distributions, le CICR montre comment les utiliser.
Par ailleurs, le CICR aide actuellement le ministère de la Santé à organiser et à gérer des cours sur la prévention et le traitement du paludisme par l’utilisation de nouveaux médicaments, plus efficaces. Le CICR finance le transport, l’hébergement et les dépenses des infirmiers qui viennent des structures sanitaires de la région pour assister aux cours.
« Les responsables sanitaires zimbabwéens ont les connaissances nécessaires. Nous devons juste les aider à les transmettre à leur personnel sur le terrain », explique le docteur Iliana Mourad, la déléguée santé du CICR qui supervise le programme. « Je suis également très impressionnée par les compétences des infirmiers », ajoute le docteur Mourad. « Ils font un travail qui, dans la plupart des pays, est accompli par les médecins. »
La formation permet aux infirmiers d’actualiser leurs connaissances et leurs compétences, afin d’attaquer à la racine davantage des innombrables défis qu’ils rencontrent. Ils peuvent ainsi réduire le nombre de patients à rediriger vers les hôpitaux de district ou de province, ce qui est crucial, vu que le coût des transports est prohibitif pour la plupart des habitants des campagnes.
« Nombre de nos patients meurent car ils ne peuve nt tout simplement pas arriver à l’hôpital à temps. En fournissant à ces structures sanitaires les connaissances et les médicaments dont nous avons besoin, le CICR sauve indirectement un nombre incalculable de vies », explique sœur Ntombiyejelle Ncube, responsable du dispensaire rural de Sipepa.
Le CICR soutient les 16 centres de santé ruraux dans beaucoup d’autres domaines que le paludisme. Il leur fournit également une assistance sous forme de médicaments, de formations, d’approvisionnement en eau et d’assainissement. Les équipes de l’institution, avec le concours des communautés elles-mêmes et des services des eaux locaux, réparent ou construisent des latrines, des forages et des systèmes de gestion des déchets.
Comme dans le cas du paludisme, le CICR finance des séances de formation pour le personnel du ministère de la Santé selon les besoins exprimés par le ministère lui-même. Dans toutes ses activités conduites dans les centres de santé, le CICR s’efforce d’aider le ministère de la Santé à remplir ses devoirs conformément à ses propres priorités et stratégies.
Le Zimbabwe bénéficie d’un des réseaux de structures sanitaires les plus étendus du continent, mais il a de la peine à maintenir la portée et la qualité de ses services du fait de contraintes financières.
« À cause de l’hyperinflation qui règne dans le pays, le budget du ministère s’évapore, tout simplement », explique sœur Lisa Nqwababa, infirmière du district de Tsholotsho. L’inflation s’élève actuellement à 2 200%, un record mondial.
Le CICR prévoit d’étendre son aide à plus de trente structures sanitaires rurales d’ici la fin de l’année.
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