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Nord Mali : risque d’aggravation de la situation humanitaire

22-01-2013 Bulletin du terrain

Bulletin de la délégation régionale de Niamey, décembre 2012

Jean-Nicolas Marti 

Jean-Nicolas Marti
© ICRC

Au Mali, 11 mois après le déclenchement des violences armées, la situation humanitaire est plus que jamais préoccupante. Dans les régions du nord du pays, l’accès aux biens et services de base tels que l’eau potable, la nourriture et les soins de santé reste problématique.

Pour des dizaines de milliers d’autres personnes qui ont trouvé refuge dans les pays frontaliers comme le Niger, le Burkina Faso, la Mauritanie et l’Algérie, fuyant violence et insécurité, les conditions de vie ne sont pas des meilleures et leur situation témoigne à juste titre des répercussions de cette crise sur une sous-région déjà grandement affaiblie par des crises alimentaires répétitives.

Dans une telle situation, où les besoins des populations sont urgents et vont grandissants, la restriction de l’espace humanitaire et les entraves à l’action humanitaire peuvent peser lourdement sur le sort des victimes. Au-delà de la responsabilité qu’ils ont de protéger les populations civiles, les acteurs en présence doivent également garantir aux acteurs humanitaires un accès en toute sécurité aux victimes.

Grâce au dialogue qu’il a engagé avec tous les acteurs et capitalisant les acquis d’une longue présence sur le terrain, aux côtés des populations du nord du Mali depuis plus de deux décennies, le CICR est aujourd’hui en mesure de déployer des opérations humanitaires afin de soutenir les populations affectées par ce conflit.

Depuis le 1er octobre -et jusqu’en fin décembre-, environ un demi-million de personnes du Nord du Mali reçoivent des rations alimentaires de 3 mois dans les régions de Gao, Tombouctou, Kidal et Mopti. Entre janvier et juillet déjà, quelque 372 000 personnes avaient pu être soutenues en vivres et en biens ménagers essentiels par le CICR qui a réussi par ailleurs à maintenir l’accès à des soins de santé et de chirurgie par le soutien qu’il apporte à l’hôpital régional de Gao, le plus grand centre hospitalier de tout le nord Mali. Depuis le mois d’avril 2012, du carburant fourni par le CICR pour les générateurs de l’hôpital de Gao et les stations thermiques de Gao, Kidal et Tombouctou, permet d’assurer et maintenir l’approvisionnement en eau potable pour les populations de ces villes.

Pour vitale qu’elle soit, cette assistance ne comble pas tous les besoins des populations affectées du nord Mali. Alors qu’une action militaire internationale est de plus en plus évoquée pour résoudre la crise au nord du Mali, ses répercussions sur la situation humanitaire précaire de toute la région ne manquent pas de préoccuper le CICR. En visite au Niger et au Mali du 21 au 24 octobre 2012, où il a rencontré les autorités des deux pays, le président du CICR, Peter Maurer, a prévenu : «quelle que soit l’évolution prochaine du conflit armé dans le nord du Mali, le risque d’une aggravation de la situation humanitaire dans cette région et dans l’ensemble du Sahel est important».

Le soutien des donateurs aux organisations humanitaires reste crucial afin d’apporter une réponse prompte et efficace aux besoins des populations. Une plus grande mobilisation de la communauté internationale et humanitaire constitue un enjeu vital pour des centaines de milliers de personnes. Le CICR se prépare à relever les nombreux défis qui ne manqueront pas de se présenter au cours de ces prochains mois.

Dans une telle perspective, une action humanitaire réellement indépendante, neutre et impartiale reste la manière la plus efficace de protéger et d’assister les personnes affectées. Grâce à son dispositif opérationnel actuel, le CICR parvient à mettre en œuvre efficacement des programmes dans ces régions. L’institution est plus que jamais déterminée à demeurer auprès des victimes afin d’alléger au mieux les souffrances des populations affectées par cette crise.

Jean-Nicolas Marti
Chef de la délégation régionale