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La mémoire sonore du CICR bientôt en ligne

26-10-2010 Interview

Les archives sonores du CICR sont en cours de numérisation et seront bientôt mis à disposition du public. Explications de Florence Zurcher, archiviste au CICR, à l'occasion de la journée de l'UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine audiovisuel (27 octobre 2010).

En quoi consistent ces archives sonores du CICR ?

Il s'agit d'abord d'enregistrements produits pour la radiodiffusion, notamment ceux qui alimentèrent les ondes de Radio-Intercroixrouge, qui deviendra ensuite la RCBS (Red Cross Broadcasting Service). Cette fréquence radio fut allouée au CICR juste après la Seconde Guerre mondiale afin de diffuser des messages et informations d'ordre opérationnel. On y trouve aussi des chroniques, des feuilletons, ainsi que les émissions diffusées à l'occasion de la journée internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, célébrée chaque 8 mai.

On y trouve également des enregistrements produits à des fins historiques et patrimoniales, tels les enregistrements des conférences internationales, des conseils de délégués et de diverses réunions d'experts. Le fonds contient des conférences de presse, des comptes-rendus de visites officielles, des déclarations faites par des membres du CICR, et des témoignages de délégués ainsi que de victimes de conflits.

Quelle est la période couverte par ces archives ?

Elles couvrent principalement la période allant des années 1960 aux années 1990. La RCBS a fini d'émettre en 1996. Quelques documents antérieurs aux années 1960 complètent ce corpus.

Malheureusement, une grande partie des premiers enregistrements diffusés juste après la Seconde Guerre mondiale a été perdue. Par exemple, il n'existe aucune trace des émissions de Radio-Intercroixrouge qui diffusèrent les noms de prisonniers libérés à la fin du conflit. Un travail conséquent dans les fonds archives papier du CICR a malgré tout permis de reconstituer l'histoire des débuts radiophoniques du CICR.

Pourquoi et comment sauvegarder ces archives sonores ?

Parce que le CICR a réalisé que, sauf numérisation rapide, rien ne subsisterait de ce patrimoine atypique. Les supports originaux se dégradent et ne seront bientôt plus lisibles. Cela peut paraître surprenant mais ce sont les supports les plus récents qui sont le plus en péril.

Le projet a commencé en 2009 et s'achèvera en 2013. Grâce au soutien de Memoriav (Association pour la sauvegarde de la mémoire audiovisuelle suisse) et la collaboration de la Phonothèque nationale suisse, 2 500 heures d'enregistrements seront numérisées.

À partir de 1999, le CICR a entrepris divers projets pour la sauvegarde de ses archives, notamment celles de la Première Guerre mondiale, des archives photographiques, ainsi que des archives filmées. Les archives sonores sont peut-être les moins connues de toutes. Pourtant, elles donnent une autre perspective aux pensées, aux écrits, aux images. Elles font écho dans l'imaginaire de l'auditeur comme du chercheur, qui peut entendre aujourd'hui ce qui a été dit hier. Les sources sonores complètent donc les sources écrites.

Ces documents sont-ils disponibles ?

Dans un proche avenir, un logiciel devrait faciliter l'accès à ces archives et permettre à un public plus large de consulter un catalogue en ligne de ces documents. Mais les archivistes du CICR répondent aux chercheurs dans la mesure où les documents souhaités sont déjà numérisés. C'est le but même de nos efforts de numérisation : assurer la pérennité de la mémoire orale du CICR afin qu'elle puisse être connue des générations futures.


Photos

 

Genève, 1945. Radio-Intercroixrouge, qui diffusa notamment des noms de prisonniers libérés à la fin du conflit mondial.
© CICR / v-p-hist-e-02913

 

Genève, 1967. Inauguration du studio d'enregistrement pour la radiocommunication du CICR.
© CICR / v-p-rad-e-00061