• Envoyer
  • Imprimer

Nigéria : le CICR étend sa présence dans le delta du Niger et le nord du pays

15-12-2010 Interview

Au cours de l’année dernière, le CICR a intensifié ses activités au Nigéria. Zoran Jovanovic, chef de la délégation du CICR à Abuja, présente le travail humanitaire mené par l’institution et les difficultés auxquelles elle fait face dans le pays.

 
    ©CICR      
   
    Dispensaire de Warri : des volontaires de la Croix-Rouge du Nigéria soignent un blessé originaire d’Ayokoromor.      
       
    ©CICR      
   
    Grâce à un téléphone satellitaire du CICR, cet habitant d’Ayokoromor a pu appeler sa femme, qui avait fui les violences et qui est maintenant séparée de sa famille.      
       
 
     
   
     
      Pourquoi le CICR étend-il ses activités et sa présence au Nigéria ?
 

Parce que les réalités et les besoins évoluent dans le pays. Avec les violences qui ont éclaté au début de l’année 2010, le CICR a dû travailler dans une plus grande proximité avec les personnes vulnérables vivant dans le delta du Niger et le nord du pays, afin de pouvoir répondre efficacement à leurs besoins, et en temps voulu. Nous avons donc ouvert une sous-délégation à Port Harcourt, État de Rivers, et un bureau à Kano, État de Kano, dans le nord du Nigéria. Nous continuons de travailler étroitement avec la Croix-Rouge du Nigéria et, parallèlement, nous réalisons des activités nouvelles conformément à la mission que nous avons d’atténuer les souffrances.

  À quelles activités le CICR participe-t-il ?  

En coopération avec le ministère de la Santé nigérian, le CICR mène des activités médicales dans le delta du Niger. Nous voulons aussi pourvoir les structures de santé existant déjà dans les régions reculées du pays, de personnel médical, de médicaments et de matériel médical essentiels. De plus, nous souhaitons mettre en place des dispensaires mobiles sur des bateaux afin d’offrir des services de soins de santé prénatals. Enfin, dans le nord du pays, nous prévoyons d’apporter une assistance médicale lors de situations d’urgence et d’améliorer l’accès à l’eau potable en faveur des personnes qui en ont le plus besoin.

Le CICR renforce également sa coopération avec la Croix-Rouge du Nigéria. Pour améliorer les capacités d’intervention de la Soci été nationale en cas d’urgence, nous organisons des cours de formation aux premiers secours et de préparation aux situations d’urgence dans certaines sections locales de la Croix-Rouge du Nigéria, notamment dans le delta du Niger, ainsi qu’à Jos, Bauchi et Maiduguri. Plusieurs sections locales installées dans le delta du Niger et le nord du pays ont déjà participé à des cours de formation aux premiers secours.

Nous continuons de diffuser les règles du droit international humanitaire auprès des autorités nationales, des forces armées et des forces de police. Nous entretenons un dialogue régulier avec la hiérarchie des forces armées et de sécurité nigérianes et nous continuons de promouvoir l’incorporation du droit international humanitaire dans leur doctrine, leurs programmes de formation et leurs opérations.

  Quelles sont les difficultés auxquelles le CICR fait face, et comment pourra-t-il les surmonter ?  

La complexité sociale et culturelle, l’étendue du territoire et la forte population représentent de redoutables défis, sans parler de l’ampleur et de la diversité des besoins humanitaires. Le CICR concentre donc ses efforts sur des zones prioritaires et des communautés particulièrement exposées à la violence. L’ouverture d’une sous-délégation du CICR à Port Harcourt, dans l’État du Delta, et d’un bureau à Kano, dans le nord du pays, a permis à l’institution de se rapprocher des communautés vulnérables et de mieux comprendre la réalité sur le terrain. Le CICR est maintenant mieux à même de répondre efficacement et adéquatement aux besoins, à mesure qu’ils émergent.

Pour y parvenir, l’institution poursuivra sa collaboration avec les sections locales de la Croix-Rouge du Nigéria dans les zones prioritaires. Nous allons aussi renforcer les activités réalisées depuis Port Harcourt et Kano, en adoptant ce qu’il est convenu d’app eler une « approche intégrée » ou « globale », qui allie activités médicales à travaux d’approvisionnement en eau et d’assainissement.

  Quels sont les projets futurs du CICR au Nigéria ?  

Le CICR souhaite continuer à renforcer ses activités sur le terrain et trouver des moyens d’étendre ses activités humanitaires aux zones exposées à la violence, telles que Maiduguri, dans l’État de Borno.