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Japon: table ronde de Kyoto sur les Protocoles additionnels (3 et 4 novembre 2011)

02-11-2011 Interview

En collaboration avec le CICR, le ministère des Affaires étrangères du Japon organise pour la première fois une table ronde à laquelle sont invités 14 autres pays d’Asie de l’Est et du Sud-Est. Réunis à Kyoto ils débattront de différentes questions relatives à l’interprétation et à l’application des Protocoles additionnels de 1977 aux Conventions de Genève de 1949. M. Hideaki Ueda, ambassadeur en charge des droits de l’homme et des affaires humanitaires au ministère japonais des Affaires étrangères, explique en quoi consiste cette rencontre.

Pourquoi est-ce que le Japon encourage les États à devenir parties aux Protocoles additionnels ?

Il est important que chaque pays se dote du cadre juridique nécessaire pour promouvoir le respect du droit international humanitaire (DIH) et en particulier des Protocoles additionnels aux Conventions de Genève, afin de renforcer la mise en œuvre du DIH dans les conflits armés et protéger les victimes de ces conflits. C’est pourquoi le Japon encourage les États qui ne sont pas encore parties aux Protocoles additionnels à adhérer à ces instruments juridiques dont il leur rappelle l’importance.

Comment le Japon peut-il contribuer à encourager les autres États ?

En tant que pays qui est déjà partie aux Protocoles additionnels, le Japon doit s’associer aux efforts menés en vue de convaincre les États qui n’y ont pas encore adhéré de le faire. Nous pouvons parler de notre expérience, de la façon dont nous avons procédé pour ratifier, de comment nous avons intégré ce droit dans notre législation et nos pratiques nationales. Organiser cette réunion avec le CICR est, pour le ministère des Affaires étrangères, un moyen important d’encourager l’adhésion aux Protocoles additionnels.

Qu’est-ce qui a poussé le Japon à ratifier les Protocoles additionnels ?

Le Japon est devenue partie aux Protocoles I et II en août 2004, et l’entrée en vigueur de ces instruments date de février 2005. Les Conventions de Genève et les deux Protocoles additionnels imposent clairement des obligations que les parties à un conflit armé et les États occupants doivent respecter. Ainsi, si une attaque armée était lancée contre notre pays, tant le Japon que l’autre partie auraient les mêmes responsabilités et obligations. Le droit protégerait la vie et les biens de la population du Japon.

De plus, le fait que le Japon soit devenu partie aux Protocoles additionnels montre notre volonté d’adhérer aux règles internationales même dans les situations d’urgence, ce qui renforce la crédibilité de notre pays dans le cadre des relations internationales. Ce sont toutes ces considérations qui ont poussé le Japon à devenir partie aux deux Protocoles additionnels.

Comment le Japon peut-il aider à la mise en œuvre, au renforcement et au développement du DIH ?

Pour les États qui ne sont pas encore des États parties, nous devons continuer d’encourager leur adhésion aux Protocoles additionnels. Dans le même temps, nous allons contribuer à la mise en œuvre, au renforcement et au développement du DIH, et principalement des Conventions de Genève et de leurs Protocoles additionnels, en participant à différents débats sur les moyens d’en garantir le respect.

 

Yoshinobu Nagamine, chef du bureau du CICR à Tokyo, explique que la table ronde est organisée en vue d’aider les pays asiatiques à prendre une décision plus éclairée sur la ratification des Protocoles additionnels. Pendant deux jours, les participants discuteront, sous la règle de Chatham House, de questions liées à la protection que les Protocoles additionnels confèrent aux victimes de la guerre et à la façon dont ces instruments sont mis en œuvre. Les participants sont des représentants des gouvernements du Cambodge*, de la Chine*, de l’Indonésie, de la République de Corée*, du Laos*, de la Malaisie, de la Mongolie*, du Myanmar, des Philippines***, de la Thaïlande, du Timor-Leste* et du Viet Nam.

Au total, on compte 171 États parties au Protocole I et 166 au Protocole II.
* États déjà parties aux Protocoles I et II.
** États déjà parties au Protocole I.
*** États déjà parties au Protocole II.


Photos

Mr. Hideaki Ueda, Ambassador in charge of Human Rights and Humanitarian Affairs at Japan’s Ministry of Foreign Affairs 

Mr. Hideaki Ueda