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Iran : une perspective bangladaise sur le DIH

22-06-2012 Interview

Du 27 avril au 4 mai, l'île iranienne de Kish a accueilli 70 spécialistes venus de 11 pays asiatiques pour prendre part à la session sud-asiatique de formation au droit international humanitaire (DIH). Des militaires, des hauts fonctionnaires, des juristes et des universitaires ont participé à des études de cas, à des discussions de groupe et à des débats ; ils ont échangé des vues et approfondi leur compréhension du DIH.

La session sud-asiatique de formation a lieu deux fois par an. Cette année, elle était organisée conjointement par le CICR, la Société du Croissant-Rouge de la République islamique d'Iran et le campus international de Kish, de l'université de Téhéran. Rafiqul Islam, président du département d'études sur la paix et les conflits à l'université de Dhaka, était l'un des cinq membres de l'équipe du Bangladesh qui a participé à cette 20e session de formation ; il a aussi été celui qui a obtenu le plus de points. Dans une conversation avec le CICR à Dhaka, M. Islam a fait part de son expérience en matière d'enseignement des principes humanitaires aux étudiants.

Quel est l'intérêt du DIH pour le Bangladesh ?

Le Bangladesh est né en 1971, à la suite d'un conflit armé. Même après l'indépendance, le conflit interne s'est poursuivi dans les Chittagong Hill Tracts (région montagneuse de Chittagong) jusqu'en 1997. Le DIH était applicable à ces deux conflits. Le Bangladesh est aussi le pays qui contribue le plus à la mission de maintien de la paix des Nations Unies, avec des membres de ses forces armées et de ses forces de l'ordre déployés dans les zones de conflit à travers le monde. Le DIH est donc très important pour le Bangladesh, à la fois comme moyen de comprendre les conséquences d'un conflit et en tant que base pour faire face à la nature changeante des conflits.

Dans quelle mesure l'étude universitaire du DIH est-elle importante ?

L'histoire nous enseigne que les conflits armés sont une part inévitable des civilisations. Comme dit un proverbe, en amour comme à la guerre, tous les coups sont permis. Mais au fil du temps, les peuples ont élaboré des conventions et des traités pour réglementer la conduite de la guerre et en réduire les effets. Étant donné que le DIH vise à régir les conflits armés en influant sur le comportement des hommes, cette branche du droit est fondamentale pour les études sur la paix et les conflits. Par l'étude universitaire du DIH, les étudiants apprennent à avoir un œil critique sur la paix, la sécurité et les conflits, et à développer différentes perspectives.

Parlez-nous de votre expérience en matière d'enseignement des principes humanitaires.

Le DIH a été introduit dans notre département après que le CICR a eu réalisé un programme de formation destiné aux enseignants, en 2006. J'enseigne le DIH à une classe de 35 étudiants en formation post-grade, qui se prennent d'un intérêt tout particulier pour le cours dès qu'ils commencent à faire le lien entre les principes du DIH et les conflits modernes, tels que la « lutte contre le terrorisme ». Nos étudiants étudient l'applicabilité du DIH à la nature changeante des conflits et les problèmes éthiques et humanitaires qui apparaissent lors des conflits armés.

Comment évalueriez-vous l'intérêt de la session sud-asiatique de formation au DIH pour les milieux universitaires ?

Étant donné que le DIH est une matière relativement nouvelle dans de nombreux pays, les universités et les établissements d'enseignement supérieur ont besoin de recevoir davantage de soutien et de formation s'ils veulent développer l'enseignement de cette discipline. La session sud-asiatique de formation offre un cadre essentiel pour l'élaboration et l'échange de matériel sur le DIH. Par exemple, l'équipe d'Afghanistan a discuté d'études de cas très utiles sur les conflits armés et les situations de violence, qui seront d'un intérêt majeur pour mes étudiants. Mais les participants au cours se doivent aussi d'utiliser leurs connaissances et de les enrichir par des recherches et par la promotion et la mise en œuvre du DIH au niveau national.


Photos

Kish, Iran. Rafiqul Islam, président du département d'études sur la paix et les conflits à l'université de Dhaka. 

Kish, Iran. Rafiqul Islam, président du département d'études sur la paix et les conflits à l'université de Dhaka.
© CICR

Kish, Iran. Les participants à la session sud-asiatique de formation au droit international humanitaire posent pour une photo de groupe devant le centre de congrès. 

Kish, Iran. Les participants à la session sud-asiatique de formation au droit international humanitaire posent pour une photo de groupe devant le centre de congrès.
© CICR