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Mali : un hommage à la Croix-Rouge malienne

13-02-2013 Interview

Entretien avec M. Makan Boubacar Sissao, secrétaire exécutif régional de la Croix-Rouge malienne, Mopti.

Pourriez-vous nous présenter le travail accompli par la Croix-Rouge malienne à Mopti depuis le début du conflit dans le nord du Mali ?

Ici, à Mopti, la Croix-Rouge malienne était au premier rang de l'action humanitaire. Lorsque les villes de Gao et Tombouctou sont tombées aux mains des groupes armés, Mopti s’est sentie menacée et l'administration et les ONG ont déserté la ville. Il ne restait plus que la Croix-Rouge, avec l'appui de la protection civile, pour accueillir les premières personnes déplacées venues des trois régions du nord. Tous les recensements des déplacés internes, ainsi que les premières distributions de vivres, de biens de première nécessité et d’abris ont donc été effectués par la Croix-Rouge. Plus tard, avec l'appui du CICR, nous avons pu assister beaucoup plus de familles. Ces actions se poursuivent encore aujourd'hui.

Combien de personnes avez-vous sur le terrain ? Pourriez-vous nous expliquer comment vous travaillez ?

La Croix-Rouge tire sa force de ses volontaires. Nous en avons plus de 900 au niveau de la région de Mopti. Tous les recensements de déplacés sont effectués par les volontaires, et les chiffres sont traités au niveau régional, à Mopti. Les activités d'assistance sont également mises en œuvre par les volontaires.

Nous travaillons également avec l'administration et les services techniques. Ceux-ci nous ont rejoints quand la situation s’est calmée. Les différents intervenants – l'administration, les services techniques et les autres ONG – sont regroupés au sein d’un comité régional de crise, dont la Croix-Rouge est un membre actif.

Comment se passe la collaboration avec le CICR ?

La collaboration avec le CICR se passe extrêmement bien. Si la Croix-Rouge malienne était déjà sur le terrain avant l'arrivée du CICR, elle manquait cependant de moyens. Le CICR nous soutient. Nous menons ensemble toutes nos actions d'aide aux déplacés. Toute la planification se fait en amont avec le CICR et, sur le terrain, nos volontaires travaillent avec les collaborateurs du CICR. Nous travaillons en parfaite symbiose.

Nos deux institutions sont complémentaires et cette collaboration bénéficie aux populations vulnérables. Grâce au CICR nous nous sentons plus forts. Ses délégués peuvent entreprendre certaines actions qui seraient difficiles pour la Croix-Rouge malienne, notamment les visites aux personnes détenues.

Quelle est votre lecture de la situation humanitaire dans la région ?

Jusqu’ici, l'assistance aux déplacés a surtout été ponctuelle. Mais ces personnes sont parfois déplacées depuis près d’une année et ont maintenant besoin de mesures de réinsertion économique. Un soutien à moyen ou à long terme pourrait leur permettre de reprendre leurs activités économiques. Il faut profiter de cette nouvelle accalmie qui se profile à l'horizon pour mener de réelles activités de relèvement avec ces populations.


Photos

Makan Boubacar Sissao, Croix-Rouge malienne. 

Makan Boubacar Sissao, Croix-Rouge malienne.
© ICRC

Makan Boubacar Sissao, secrétaire exécutif régional de la Croix-Rouge malienne, Mopti. 

Mopti, Mali.
Makan Boubacar Sissao, secrétaire exécutif régional de la Croix-Rouge malienne, Mopti.
© ICRC