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Colombie : des officiers étudient l'application du DIH à SWIRMO 2013

16-09-2013 Interview

Des militaires de haut rang se réuniront en Colombie du 6 au 12 octobre 2013 dans le cadre de l'Atelier pour officiers supérieurs sur les règles internationales régissant les opérations militaires – 2013 (SWIRMO 2013). Les participants échangeront leurs expériences et meilleures pratiques relatives au respect du droit applicable aux opérations militaires. Explications de Raoul Forster, directeur de SWIRMO 2013.

Pourquoi SWIRMO est-il organisé chaque année ?

Le CICR joue un rôle actif dans quasiment toutes les situations actuelles de conflit armé et de violence. En dépit des restrictions d'ordre juridique concernant le recours à la force, les personnes ayant droit à une protection en vertu du droit international humanitaire (DIH) et du droit international relatif aux droits de l'homme font trop souvent l'objet d'attaques. Les violations de ces deux branches du droit sont trop fréquentes. Il est donc nécessaire de procéder chaque année à un échange d'expériences et de meilleures pratiques pour donner aux forces armées la possibilité d'accomplir leurs missions dans le respect du droit.

Comment l'atelier fait-il le lien avec les autres activités que le CICR déploie auprès des porteurs d'armes ?

Le CICR établit un dialogue avec les porteurs d'armes sur des opérations spécifiques, et il les encourage à se former au droit et à l’intégrer dans leurs opérations. Ce sont les deux « clés » qui nous ouvrent l'accès aux personnes qui souffrent et qui ne bénéficient d'aucune autre protection contre les effets des combats.
C'est la nature des expériences partagées qui donne toute sa valeur à SWIRMO. Nous suscitons l'intérêt des forces armées et les sensibilisons au droit international, afin qu'elles traduisent leurs obligations juridiques en actions concrètes, compréhensibles et réalistes pour tous les combattants.

Pourquoi le CICR se penche-t-il sur les règles régissant les opérations militaires ?

Respecter les règles régissant les opérations militaires équivaut simplement à respecter les obligations conventionnelles incombant à un État. Les forces armées qui s'y emploient scrupuleusement en retireront une légitimité et un respect accrus au sein d'une communauté internationale de plus en plus soucieuse d'atténuer les pires effets de la guerre.

En quoi le fait de réunir des participants aux profils si différents est-il un atout ?

Cette structure permet aux participants d’échanger leurs expériences et meilleures pratiques utilisées dans le monde entier. Nous suggérons aux gouvernements d'envoyer des officiers supérieurs étroitement associés aux opérations militaires, car sur le terrain, ce sont eux qui sont chargés de mettre en œuvre le droit humanitaire. Cette diversité de profils contribue au succès de l'atelier, car elle est la garantie que les expériences opérationnelles échangées seront très variées. Le but ultime est que les participants apprennent les uns des autres comment respecter au mieux le droit.

Quelles sont les attentes des participants de SWIRMO 2013 ?

Les participants devraient pouvoir bénéficier des enseignements tirés des six ateliers précédents. Nous cherchons à nous éloigner d’une approche centrée exclusivement sur une théorie juridique avancée pour privilégier les aspects pratiques d’une conduite des opérations dans le respect du droit.
Cette année, l’atelier SWIRMO combine une partie très théorique, notamment des études de cas, avec, comme l'an dernier, un exercice de brigade fondé sur un scénario soutenu par l'imagerie virtuelle du champ de bataille. Moins de théorie et plus de pratique !

Qui sont les experts et les conférenciers ?

Ce sont les animateurs des ateliers et des officiers qui ont une vaste expérience à la fois de l'enseignement du droit et, surtout, de l'intégration de ses aspects les plus pertinents dans la pratique opérationnelle. En plus des groupes d’experts et des discours, trois classes se tiendront en anglais, une classe en espagnol, une en français et une en russe.

SWIRMO est toujours organisé dans un autre pays ?

Les quatre premières années (2007-2010), SWIRMO a eu lieu en Europe. Les éditions SWIRMO 2007, 2008 et 2010 ont eu lieu en Suisse, avec les forces armées suisses en tant que co-organisateurs ; SWIRMO 2009 s’est tenu à Paris, en collaboration avec l'État-Major de l'Armée de Terre et SWIRMO 2011 s’est tenu à l'Académie militaire de Saldanha, en Afrique du Sud, en coopération avec la Force nationale de défense d'Afrique du Sud (SANDF). En 2012, le CICR a organisé l'atelier à Kuala Lumpur, en collaboration avec les forces armées malaisiennes. Je suis très heureux d'annoncer que SWIRMO 2014 se déroulera en Chine, co-organisé par le CICR et l'Armée de libération du peuple.

Quels résultats escomptez-vous atteindre cette année dans la perspective du prochain atelier SWIRMO en 2014 ?

Si, à la fin de l'atelier, les participants rentrent chez eux avec l’idée que SWIRMO a été utile et transmettent le message qu’il est non seulement nécessaire, mais aussi possible de respecter le droit dans l'accomplissement des missions militaires, nous aurons atteint l’objectif à transmettre au prochain atelier SWIRMO !


Photos

Raoul Forster 

Raoul Forster
© ICRC