République démocratique du Congo : action humanitaire d'urgence en faveur d'une population en danger
31-10-2008 Interview
Les combats qui ont fait rage ces derniers jours dans le Nord Kivu ont obligé des dizaines de milliers de personnes à fuir et causé de nombreux blessés. Olivier Martin, chef adjoint de la délégation du CICR en RDC parle des dramatiques conséquences de ces évènements et de l'action menée par l'institution pour répondre à l'urgence.
La situation humanitaire est catastrophique pour l'ensemble des habitants de la région. En fuyant les combats, beaucoup ont dû abandonner tous leurs biens et les besoins essentiels de la population ne sont pas couverts.
Selon les informations que nous possédons, des déplacés provenant de la région de Goma ont fui vers le Sud Kivu. D'autres déplacements auraient également eu lieu depuis la région de Rutshuru vers le nord, à Kanyabayonga, vers l'est, à Nyamilima, et vers le sud dans les camps de déplacés de Kibati, aux portes de Goma, ainsi que vers les camps de Mugunga, à l'ouest de Goma, sur l'axe qui conduit à Sake.
Cette accalmie rel ative a permis aux employés congolais du CICR de reprendre le travail. Ils fournissent un travail remarquable, de même que les volontaires de la Croix-Rouge de la République démocratique du Congo qui collaborent avec nos équipes, alors qu'ils sont eux-mêmes directement touchés par les événements récents.
Quels sont les besoins de la population ?
La sécurité des populations déplacées ou bloquées dans les zones conflictuelles est notre préoccupation majeure; nous rappelons à toutes les parties au conflit que, au regard du droit international humanitaire, les personnes qui ne participent pas, ou plus, aux hostilités doivent être protégées et que les pillages sont prohibés.
Nous sommes particulièrement inquiets pour les personnes les plus vulnérables telles que les femmes, les personnes âgées ou les enfants. Ces gens manquent de tout, de soins médicaux, d'eau, de nourriture et d'abris. D'autre part, la concentration de nombreuses personnes dans des lieux publics dénués d'infrastructures et d'accès à l'eau potable risque de favoriser le déclenchement de maladies et d'épidémies.
Quelle est la réponse du CICR ?
Notre priorité est l'assistance d'urgence aux blessés et à la population civile déplacée.
Hier, nous avons distribué aux deux hôpitaux les plus importants de Goma, des assortiments de matériel médical, des médicaments ainsi que diverses fournitures nécessaires au traitement des dizaines de blessés accueillis dans ces structures lors de ces derniers jours.
Aujourd'hui, notre équipe chirurgicale présente à Goma va se rendre à l'hôpital de Katindo pour y pratiquer des opérations.
Une de nos priorité est d'assurer l'accès à l'eau potable en faveur les déplacés : aujourd'hui nous installerons des réservoirs pour l'approvisionnement en eau potable de 10 000 déplacés, dans un camp à Kibati, près de Goma.
D'autre part, pour répondre aux besoins des déplacés qui ont fui la région de Rutshuru pour se rendre dans la direction de Kirumba, au nord et qui ont aussi été très fortement affectés par les derniers événements, une équipe du CICR se rendra à la ville de Beni, dans la région du Sud Lubero, tout au nord de la province du Nord Kivu. Dans cette région , le CICR est équipé pour distribuer de la nourriture à environ 20 000 personnes pendant 2 semaines. Nous allons tenter au plus vite d'acheminer cette assistance, dans les jours à venir si la situation sécuritaire le permet.
-
Partager
|

