Israël-Liban : premier rapatriement de dépouilles de combattants tuéslors du conflit de 2006
17-10-2007 Interview
Les délégations du CICR de Tel Aviv et de Beyrouth ont été sollicitées par le Hezbollah et les autorités israéliennes pour faciliter le rapatriement, le 15 octobre, de dépouilles mortelles de combattants ainsi que d’un détenu libanais. Paul Conneally, chef adjoint de la délégation du CICR à Tel Aviv relate les faits.
L’opération, la première du genre depuis le conflit, a eu lieu au poste-frontière de Rosh Hanikra / Ras Naqoura, entre Israël et le Liban. Elle a débuté à 17h00 et a duré trois heures. Elle a notamment consisté dans la remise d’un corps non identifié, appartenant, selon l’État hébreu, à un combattant du Hezbollah tombé au front dans le Sud-Liban pendant les hostilités de l’été 2006.
Les représ entants libanais ont quant à eux restitué un corps, qu’ils disent être celui du civil israélien porté disparu, Gabriel Dawit. Après avoir été identifié par une équipe de médecins légistes israéliens, le corps d’un autre ressortissant libanais a été restitué aux autorités libanaises par le CICR. Enfin, peu après, un détenu libanais leur a lui aussi été remis, aux termes d’un accord passé au préalable entre les deux parties.
Sur place, c’est le CICR qui a coordonné les échanges et qui s’est chargé de régler les détails de dernière minute entre les parties, allant et venant de part et d’autre de la ligne bleue marquant la frontière entre le Liban et Israël. Nous nous sommes également entretenus sans témoin avec le détenu libanais avant qu’il ne soit rapatrié, pour nous assurer qu’il comprenait bien ce qui se passait et qu’il rentrait au Liban de son plein gré. Ces vérifications faites, nous l’avons accompagné de l’autre côté de la frontière.
Qu’est-ce que la présence du CICR ajoute dans une situation comme celle-là ?
La présence du CICR est d’une importance considérable. Il serait en effet difficile de réaliser une opération aussi délicate que celle-là sans la présence d’un intermédiaire neutre qui jouisse de l’entière confiance des deux parties. Le rôle du CICR, sa neutralité et sa politique de confidentialité offrent les garanties nécessaires pour que cette confiance s’installe, tout en réduisant le risque que les négociations avortent.
Nous avons veillé à ce que les échanges entre les deux parties se déroulent dans la transparence et dans un climat de confiance. Tous les aspects de l’opération ont fait l’objet d’un accord entre les deux parties et le CICR.
Le rapatriement de dépouilles mortelles fait-elle partie du mandat du CICR ?
Oui, il s’agit là d’une des activités humanitaires traditionnelles du CICR, en particulier dans cette région. Les familles ont droit au respect de leurs convictions et de leurs pratiques religieuses, ainsi que de leurs us et coutumes.
Le CICR reconnaît l’importance que revêt pour les familles le fait que leur soient restitués les corps de leurs défunts, afin qu’elles puissent les enterrer selon leur propres rites funéraires. Ce qui est d’ailleurs conforme au droit international humanitaire, qui prévoit que les parties à un conflit doivent faire en sorte de faciliter le retour des restes des personnes décédées. Pour une famille, il est important de pouvoir donner une sépulture à un proche qui a perdu la vie ; c’est un élément vital du processus de deuil.
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