Page archivée: peut contenir des informations obsolètes
  • Envoyer
  • Imprimer

Les services médicaux de Gaza s’efforcent de faire face à l’afflux de blessés

28-12-2008 Interview

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) est gravement préoccupé par l’escalade de la violence dans la bande de Gaza, à la suite d’une série de raids aériens des Forces de défense israéliennes. En Israël, des civils ont été pris sous les tirs de roquettes lancés depuis Gaza, tuant au moins un Israélien et blessant plusieurs autres. Les hôpitaux à Gaza sont submergés par l’afflux de blessés et le CICR a appelé toutes les parties impliquées dans les combats à respecter le droit international humanitaire. Marianne Whittington, déléguée santé du CICR à Gaza, décrit la situation

     

    © ICRC      
   
    Marianne Robyn Whittington      
          Quelle est la situation dans les rues de Gaza ?  

La population est terrifiée, ne sachant pas quand le prochai n raid aérien risque de frapper. Tout le monde a peur que son quartier soit visé. Les rues sont plutôt désertes et très peu de voitures circulent. Les personnes ne sortent de chez elles qu’en cas d’absolue nécessité.

Nous sommes en contact avec les hôpitaux de Gaza et les responsables de la santé qui disent être complètement submergés. Même avant les dernières hostilités, les hôpitaux fonctionnaient au-delà de leurs capacités par manque de secours médicaux et de personnel médical résultant des bouclages des frontières et de la grève des agents de santé palestiniens qui a débuté en août.

Les services médicaux s’efforcent de faire face au nombre considérable de blessés qui ne cesse d’augmenter et à la complexité des blessures. Ils ont cruellement besoin de secours médicaux et de pièces de rechange pour que les générateurs continuent de fonctionner.

  Comment le CICR fait-il face à cette situation ?  

Samedi soir, nous avons fourni à deux hôpitaux des secours médicaux pour leur permettre de faire face aux besoins immédiats, mais nous ne disposons pas de suffisamment de secours sur place pour aider à soigner 600 autres personnes, et d’autres encore.

Nos collègues du Croissant-Rouge palestinien prêtent main forte aux hôpitaux, tandis que des collaborateurs locaux et des volontaires ont aidé à évacuer les morts et les blessés des bâtiments endommagés ou détruits.

Nous nous employons à évaluer la situation, qui est très grave. En raison de l’insécurité, il nous est difficile de nous déplacer et de nous faire une idée précise de l’ampleur de l’impact humanitaire que les hostilités ont sur les civils. Une chose est claire, c’est que toutes les parties prenantes aux hostilités ont l’obligation de se conformer au droit international humanitaire.

  Qu’est ce que cela veut dire exactement ?  

En vertu du droit international humanitaire, une distinction claire doit être établie entre la population civile et les biens de caractère civil, d’une part, et les objectifs militaires, d’autre part.

Toujours en vertu du droit international humanitaire, seules sont licites les attaques dirigées contre des objectifs militaires, ce qui signifie notamment qu’il incombe aux parties de prendre toutes les précautions possibles pour épargner la population civile contre les effets des hostilités. Nous sommes en contact direct avec l’armée israélienne et les factions armées palestiniennes et nous leur avons rappelé ces obligations.

Le droit exige également que les installations médicales, les moyens de transport sanitaires et le personnel médical soient respectés et protégés. Toutes les précautions doivent, en particulier, être prises pour que les blessés aient accès à des installations médicales et à des soins médicaux appropriés.