Le Groupe d’entreprises partenaires du CICR
07-10-2005 Interview
Le Groupe d’entreprises partenaires du CICR a été lancé dans le cadre d’une réunion qui s’est tenue à Genève entre le président du CICR, Jakob Kellenberger, et des personnalités de premier plan du monde suisse des affaires.
Les sept membres fondateurs du Groupe sont ABB Ltd, Lombard Odier Darier Hentsch & Cie, Roche, la Suisse de Ré, le groupe Vontobel, Zurich Financial Services et la Fondation Hans Wilsdorf.
Pourquoi ce partenariat aujourd’hui ?
Depuis des décennies, le CICR intensifie ses relations avec les autorités civiles et militaires, les organisations internationales, les organisations non gouvernementales et les milieux académiques. Jusqu'à récemment toutefois, il avait eu très peu de contacts suivis avec le monde des affaires, si ce n'est lorsqu'il achetait des biens et des services auprès de fournisseurs privés.
À la fin des années 90, alors qu’il se fixait un certain nombre d’objectifs, le CICR a ressenti la nécessité d’élargir son réseau et de se tourner vers le secteur privé en vue d’une collaboration dans des domaines tels que, notamment, l’échange de compétences et de savoir-faire, et la diversification des sources de financement. C’est la raison pour laquelle il s’est récemment mis en contact avec un certain nombre d’entreprises implantées en Suisse pour jeter les bases de ce qui allait devenir le Groupe d’entreprises partenaires.
Faut-il en conclure que le CICR connaît des difficultés financières ?
Non. La plus grande partie des fonds du CICR proviennent des gouvernements et de la Commission européenne : les États continuent d'aider le CICR à remplir le mandat qu’ils lui ont confié, et rien ne donne à penser que leur soutien faiblisse. La création du Groupe d’entreprises partenaires s’inscrit dans le cadre d’une stratégie à long terme qui vise à diversifier les sources de financement de l’institution.
Pourquoi ces entreprises plutôt que d’autres ?
- Gouvernements : 80%
- Commission européenne : 10%
- Sociétés nationales Croix-Rouge Croissant-Rouge : 5%
- Sources privées : 4% (dont moins de 0,5% provenant d’entreprises)
- Autres : 1%
Pour définir ces critères éthiques, ou lignes directrices , le CICR s’est fondé sur son mandat, ainsi que sur les Principes et les Statuts du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.
Combien ces entreprises donnent-elles et dans quel but ?
Chaque entreprise partenaire s’est engagée à faire un don minimum de 3 millions de francs suisses sur une période de six ans. Certaines ont choisi de verser ce montant au capital ou « fonds de dotation » de la Fondation pour le CICR. Les intérêts produits par le fonds serviront à financer la formation continue du personnel du CICR. Le capital pourra aussi être utilisé comme garantie afin de permettre au CICR d’empr unter – aux meilleures conditions du marché – les fonds nécessaires pour mettre sur pied des opérations de secours lors de situations d’urgence. D’autres entreprises partenaires ont décidé, quant à elles, d’affecter directement leurs dons au financement des activités sur le terrain, notamment des opérations lancées par le CICR en Indonésie et à Sri Lanka au lendemain du tsunami qui a frappé ces régions le 26 décembre 2004.
Dans quelle mesure ce partenariat permettra-t-il de diversifier les sources de financement ?
Les dons provenant du secteur privé couvrent à l’heure qu’il est moins de 0,5% des dépenses totales du CICR. L'objectif est de porter ce taux à 3 %, dans le cadre d’efforts plus importants visant à diversifier les sources de financement. Toutefois, il est clair que les gouvernements sont – et resteront – les principaux donateurs du CICR.
N’oublions pas que les États signataires des Conventions de Genève ont confié au CICR le mandat de protéger et de promouvoir le droit international humanitaire, ainsi que d’apporter assistance et protection aux victimes des conflits armés. Dans ce contexte, il est important que les États continuent d’assurer leur soutien au CICR de manière à ce qu’il soit en mesure de remplir son mandat efficacement.
Qu’envisagez-vous pour l’avenir ?
Nous prévoyons d’ores et déjà de donner plus d’ampleur à notre partenariat avec le Groupe en favorisant les échanges avec les membres fondateurs dans divers domaines d’intérêt commun tels que gestion, ressources humaines, logistique, gestion des risques et communication. Nous examinons actuellement ces possibilités en collaboration avec le Groupe. Le CICR souhaite aussi élargir celui-ci en invitant d'autres entreprises à le rejoindre.
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