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Henry Dunant (1828-1910)

06-04-2008

Sa vision a conduit à la création de ce qui est aujourd’hui le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Dunant a connu la richesse puis la misère, avant de recevoir le premier Prix Nobel de la Paix en 1901.

Né à Genève le 8 mai 1828, Dunant est issu d'une famille calviniste très pieuse et pratiquant la charité. Après des études secondaires inachevées, il entre en apprentissage dans une banque genevoise. En 1853, il se rend en Algérie pour y prendre la direction de la colonie suisse de Sétif. Il se lance dans la construction d'un moulin à blé, mais n'obtient pas la concession de territoire indispensable pour le faire fonctionner ; après un voyage en Tunisie, il rentre à Genève. Il décide alors d'approcher Napoléon III pour acquérir le document nécessaire à ses affaires. L'empereur est à la tête des troupes franco-sardes qui se battent dans le nord de l'Italie, contre les Autrichiens. Henry Dunant décide de se rendre sur place pour le rencontrer. C'est ainsi qu'il assiste à la fin de la bataille de Solferino, en Lombardie. De retour à Genève il écrit Un souvenir de Solferino, qui donne naissance au Comité international de secours aux blessés (futur Comité international de la Croix-Rouge). Dunant en est membre et en assume le secrétariat. Il est désormais célèbre et reçu par les chefs d'Etat, les rois et les princes des cours européennes. Mais ses affaires financières se portent mal ; il est déclaré en faillite en 1867. Totalement ruiné, il est endetté pour près d'un million de francs de l'époque.

Dunant démissionne du Comité  

Suite au scandale suscité à Genève par cette faillite, il démissionne de son poste de secrétaire du Comité international de la Croix-Rouge et, le 8 septembre 1867 le Comité décide que sa démission est acceptée non seulement comme secrétaire, mais comme membre du Comité. Il part à Paris, où il en est réduit à dormir sur les bancs publics, alors qu'au même moment l'impératrice Eugénie le convoque au palais des Tuileries. Elle veut le consulter sur l'extension de la Convention de Genève à la guerre sur mer. Dunant est nommé membre d'honneur des Sociétés nationales de la Croix-Rouge d'Autriche, de Hollande, de Suède, de Prusse et d'Espagne.

Durant la guerre franco-prussienne de 1870, il visite et réconforte les blessés ramenés à Paris et introduit le port de la plaque d'identité qui permettra d'identifier les morts.

La paix revenue, Dunant se rend à Londres, d'où il s'efforce d'organiser une conférence diplomatique pour statuer sur le sort des prisonniers de guerre ; le tsar l'encourage, mais l'Angleterre est hostile au projet.

Les années de misère  

Le 1er février 1875, à l'initiative de Dunant, s'ouvre à Londres un congrès international pour " l'abolition complète et définitive de la traite des nègres et du commerce d'esclaves " . Puis, pour Dunant, viennent des années d'errance et de misère totale ; il voyage à pied en Alsace, en Allemagne et en Italie ; il vit de charité et de l'hospitalité de quelques amis.

Finalement, en 1887, il échoue dans une bourgade suisse surplombant le lac de Constance : Heiden. Malade, il trouve refuge à l'hospice du lieu et c'est là qu'en 1895 le découvrira un journaliste, Georg Baumberger. Il lui consacre un article qui est repris par la presse de toute l'Europe en quelques jours. Du monde entier, des messages de sympathie parviennent à Dunant ; d'un jour à l'autre, il redevient célèbre et honoré. En 1901, il reçoit le premier Prix Nobel de la Paix.

Henry Dunant meurt le 30 octobre 1910. La Journée mondiale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge est célébrée le 8 mai de chaque année, date anniversaire de la naissance d'Henry Dunant.



 


Photos

Henry Dunant at the time of the Battle of Solferino. 

Henry Dunant at the time of the Battle of Solferino.
© CICR / hist-00022

1895. Henry Dunant âgé de 67 ans. 

1895. Henry Dunant âgé de 67 ans.
© Rietmann-Haak / hist-02784-09a.jpg