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Afghanistan : visites record de détenus

04-12-1997 Communiqué de presse 97/48

Durant les neuf premiers mois de 1997, le CICR a visité en Afghanistan 7 826 détenus, dans 74 lieux de détention. Ces chiffres sont en nette augmentation par rapport à ceux enregistrés pour toute l'année précédente (2 700 prisonniers). Ils illustrent la poursuite d'un conflit qui, cette année encore, a été marqué par de vastes offensives militaires dans la partie septentrionale du pays.

L'accès du CICR aux personnes emprisonnées s'étend actuellement aux prisons sous contrôle de toutes les parties au conflit, qu'elles appartiennent au mouvement taliban ou à la coalition d'opposition du Nord (les combattants des forces Jamiat, Wahdat et Jumbesh). Cette liberté d'action du CICR, dans un contexte caractérisé par une forte résurgence des tensions ethniques et des violations du droit humanitaire, a cependant été battue en brèche, entre juin et septembre, à la suite des affrontements autour de la ville de Mazar-I-Sharif. Durant cette période, le CICR avait assuré le traitement médical — et la survie — de centaines de combattants taliban blessés et prisonniers. Mais il n'avait pu avoir accès à l'ensemble des personnes capturées par les forces Jumbesh du général Malik Pahlawan. Cet état de fait avait été dénoncé publiquement, dans un communiqué de presse, le 11 août. Dès le 25 octobre, toutefois, les délégués du CICR ont été autorisés par les nouvelles autorités Jumbesh de Mazar-I-Sharif à reprendre leurs visites dans les lieux de détention de la région. Ils ont pu également superviser plusieurs opérations de libération de prisonniers (41 taliban relâchés la semaine dernière de la prison de Mazar-I-Sharif, 17 autres, transférés par avion, le 1er décembre, de Mazar-I-Sharif à Jalalabad, ains i que 51 prisonniers libérés le 2 décembre par le commandant Massoud, dans le Panshir).

Les conditions de détention en Afghanistan ont amené le CICR à accroître son assistance aux prisonniers. Des travaux visant à réhabiliter les puits et à améliorer l'hygiène dans les prisons ont été entrepris sur une large échelle. Des vêtements, chaussures, matelas, couvertures, ainsi que du savon et du matériel de cuisine, sont régulièrement distribués aux personnes incarcérées. Par ailleurs, le CICR fournit de la laine à quelques centaines de veuves de guerre sur les 14 000 dont il assure la subsistance dans le pays ; ceci permet la production, contre rénumération, de tricots pour les détenus.