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Protection des enfants dans les conflits armés

31-12-1986 Article, Revue internationale de la Croix-Rouge, 762

XXVe Conférence internationale de la Croix-Rouge, Genève, 23 au 31 octobre 1986, Résolution IX

La XXVe Conférence internationale de la Croix-Rouge,

  rappelant la résolution XIII de la XVIe Conférence internationale de la Croix-Rouge concernant la protection des femmes et des enfants dans les conflits armés,

  ayant pris note du Document final de la seconde Conférence mondiale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge sur la paix, tenue à Aaland et Stockholm en 1984, et des recommandations du Symposium de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge sur la protection des enfants qui s'est tenu à San Remo en 1985,

  profondément préoccupée par le fait que, dans de nombreuses régions du monde, des enfants continuent à participer directement aux hostilités et sont recrutés dans les forces armées,

  rappelant que, dans les conflits où sont utilisées des armes de manière indiscriminée, une proportion importante des victimes sont des civils innocents et en particulier des enfants,

  notant que les enfants sont particulièrement vulnérables quand ils sont séparés de leur famille,

  reconnaissant que les enfants qui ont été élevés dans la haine et ont participé aux at rocités de la guerre sont souvent handicapés mentalement et moralement pour la vie,

  soulignant que les Conventions de Genève de 1949 et les deux Protocoles additionnels de 1977 accordent aux enfants protection et traitement spéciaux,

  1. prie les gouvernements et le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge de diffuser largement les dispositions du droit international humanitaire protégeant les enfants dans les conflits armés ainsi que les publications relatives à cette question,

  2. rappelle que, aux termes de l'article 77 du Protocole additionnel I aux Conventions de Genève, «les Parties au conflit prendront toutes les mesures possibles dans la pratique pour que les enfants de moins de quinze ans ne participent pas directement aux hostilités, notamment en s'abstenant de les recruter dans leurs forces armées. Lorsqu'elles incorporent des personnes de plus de quinze ans mais de moins de dix-huit ans, les Parties au conflit s'efforceront de donner la priorité aux plus âgées»,

  3. rappelle également que, aux termes des Conventions de Genève et des deux Protocoles additionnels, les enfants de moins de quinze ans qui ont participé directement aux hostilités et qui tombent au pouvoir d'une Partie adverse continuent à bénéficier d'une protection spéciale, qu'ils soient ou non prisonniers de guerre,

  4. se déclare profondément préoccupée par le fait que des enfants de moins de quinze ans sont entraînés à des fins   militaires et recommande qu'en toutes circonstances les enfants soient élevés dans le respect des principes humanitaires,

  5. recommande que, conformément aux Conventions de Genève et aux deux Protocoles additionnels, toutes les mesures nécessaires soient prises pour préserver l'unité de la famille et faciliter le regroupement des familles,

  6. invite les gouvernements et le Mouvement à faire tout leur possible pour que les enfants qui ont participé directement ou indirectement aux hostilités soient systématiquement réadaptés à une vie normale,

  7. exprime son appui aux travaux de la Commission des droits de l'homme des Nations Unies relatifs à la rédaction d'une Convention sur les droits de l'enfant et souligne que la protection accordée par la nouvelle Convention devrait être au moins égale à celle accordée par les Conventions de Genève et les deux Protocoles additionnels.




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