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Afghanistan : pénurie de farine et nouvel afflux de personnes déplacées

09-04-1997 Communiqué de presse 97/13

Nouvelle épreuve pour les déshérités du conflit afghan : depuis le début du mois d'avril, le prix de la farine a augmenté de 50 %. Faisant face elles-mêmes à un manque de farine, les autorités pakistanaises en ont bloqué les exportations vers l'Afghanistan voisin. Le résultat est dramatique pour les populations touchées. Émergeant à peine d'un hiver rigoureux, toujours sujets à une inflation galopante et à des privations de toutes sortes, les civils afghans sont désormais confrontés à une pénurie de pain. Le pain est l'aliment de base des Afghans. Son prix a quasiment doublé durant la semaine dernière, devenant inaccessible pour une partie de la population, en particulier pour les nombreuses personnes déplacées que compte le pays.

Cette pénurie frappe donc les personnes les plus vulnérables. Sur les 300 000 civils qu'assistent le CICR et le Croissant-Rouge afghan à Kaboul, 210 000 déshérités (veuves de guerre, orphelins et handicapés) entrent dans cette catégorie et dépendent - de plus en plus exclusivement - de l'aide humanitaire. S'y ajoutent chaque jour de nouveaux arrivants : chassés par de récents combats, 3 000 personnes originaires de la région de Shamali, à 50 km au nord-est de Kaboul, ont dû s'installer dans des bâtiments publics de la capitale. Nombreuses parmi elles sont les femmes qui sont sans soutien de famille et ne peuvent survivre qu'au travers de la mendicité de leurs enfants... À leur intention, le CICR s'apprête à organiser une distribution de denrées alimentaires de base (riz, farine, haricots), ainsi que de charbon et de couvertures.

Dans le nord-ouest du pays, l'afflux de personnes déplacées tend à prendre des pro portions inquiétantes. À Herat, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) évalue le nombre des déplacés à 34 000. Parmi eux, dans la ville et aux alentours, plus de 18 000 civils sont d'ores et déjà dépendants de l'assistance du CICR, qui envisage leur transfert progressif dans un camp de tentes. Les combats qui se poursuivent dans la province de Badghis ont également provoqué l'exode de 7 000 autres personnes qui, à Qala-I-Now notamment, ont aussi été prises en charge par le CICR.