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Sud du Soudan : lutte contre la famine à Wau

06-08-1998 Communiqué de presse 98/31

Près de mille enfants sont enregistrés au centre nutritionnel géré par le CICR et le Croissant-Rouge soudanais dans la ville de Wau, située dans une des régions du sud du Soudan où la famine sévit le plus. Les 27 volontaires du Croissant-Rouge qui travaillent au centre préparent chaque jour des milliers de repas — quatre repas sont prévus pour les enfants les plus gravement touchés et un repas pour chacun des membres de la famille qui parfois les accompagnent.

Environ la moitié des enfants enregistrés sont classés comme souffrant de malnutrition grave : on voit nettement leurs os sous la peau. Le centre comprend un dispensaire, car beaucoup de ces enfants souffrent aussi de paludisme, de problèmes intestinaux et d'infections oculaires.

Les personnes qui sont arrivées à Wau ces derniers jours sont dans un état pire que celles qui étaient arrivées les semaines précédentes. « Les gens viennent toujours de plus loin », explique Agnès Dhur, la nutritionniste du CICR sur place. « Ce sont des gens qui ont essayé de survivre plus longtemps chez eux avec le peu qu'ils avaient. »

« La situation est plus que désespérée », déclare Élizabeth Mouton, une infirmière qui travaille au centre depuis trois semaines. « Nous accueillons chaque jour des orphelins, des enfants dont les parents sont morts en chemin. Beaucoup ont marché pendant cinq ou six jours pour atteindre Wau. Ils trouvent un abri là où ils peuvent, dans des immeubles abandonnés ou des ruines un peu partout dans la ville. »

Dans les rues de Wau, les gens attendent d'être pris en charge par une des organisations humanitaires travaillant en ville. Beaucoup qui ne so nt plus capables de s'asseoir sont couchés sur le sol. Corrie Baas, une infirmière du CICR, et son assistant de 12 ans, Joseph, marchent dans les rues, portant un seau d'eau mélangée à une solution de réhydratation orale, et en donnent un gobelet aux personnes dont l'état est le plus désespéré. « Je sais que je ne peux pas les sauver tous, dit-elle, mais au moins je leur apporte un peu de réconfort. Si désespéré soit le cas, vous ne pouvez tout simplement pas passer à côté. » En face du centre nutritionnel, de l'autre côté de la route, s'étend un terrain vague qui se couvre rapidement de tombes.