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Allocution de M. Sommaruga, président du CICR, à la cérémonie marquant le cinquantenaire des Conventions de Genève

12-08-1999 Déclaration

  Allocution de M. Cornelio Sommaruga, Président du Comité international de la Croix-Rouge  

  Inauguration de l'exposition "Bannières" en ville de Genève  

  50e anniversaire des Conventions de Genève, Place des Volontaires, Genève, le 12 août 1999  

A 50 ans de la signature des Conventions de Genève modernes, j'ai l'honneur de présider cette cérémonie qui veut saluer l'initiative, entreprise par le CICR, de commémorer à travers l'art, les efforts et les actions menées dans le monde entier au nom du " Droit de Genève " . L'artiste genevoise Françoise Bridel créatrice des 50 bannières disséminées dans cette ville a voulu relever le défi qui consiste à nous rappeler, à travers des images et des textes, l'actualité et l'importance de ces mêmes Conventions.

Il y a 50 ans, cette Ville, fidèle à sa tradition humanitaire et à l'" Esprit de Genève " qu'elle engendre, a accueilli les représentants de nombreux pays qui ont voulu renouveler et élargir l'engagement en faveur des victimes de la guerre. Depuis, cette activité n'a jamais été abandonnée, en particulier par le Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge qui opère depuis Genève. Des efforts considérables ont été réalisés pour que ces Conventions soient toujours mieux connues et respectées.

Au delà du développement considérable de la formation des militair es au Droit international humanitaire, le CICR a spécialement développé ces dernières années de très nombreuses initiatives pour élargir le rayonnement de ce droit et faire parvenir à un public toujours plus vaste son message d'humanité et de solidarité. A ce propos, des pièces de théâtre sont nées, des films réalisés, des livres scolaires édités, des expositions d'art et de photographie ouvertes. Une chanson a même été crée et lancée sur tout leur continent par six musiciens africains. Bref la sensibilité et la créativité d'hommes et de femmes des cinq continents se sont mises au service de cette idée d'humanité promue avec tant de volonté et clairvoyance par Henry Dunant et le Général Dufour, il y a 136 ans.

Mais le combat doit continuer, aujourd'hui encore la violence aveugle et meurtrière continue de dévaster la planète. Trop souvent encore la loi du plus fort ne respecte pas les instruments juridiques qui limitent la violence des guerres. L'image terrible de Guernica, peinte par Picasso, retrouve dans l'histoire la plus récente de nouveaux visages qui expriment la même terreur, le même désarroi.

La réalité nous rappelle la nécessité de continuellement renouveler l'engagement envers les Conventions de Genève même dans les pays qui, comme la Suisse, ont eu la chance de connaître des longues années de paix. Cet engagement concerne chacun, depuis les Chefs d'Etat à travers les Gouvernements et Parlements jusqu'à chaque citoyen. C'est pour le rappeler ici, à Genève, berceau du droit humanitaire, que des bannières vont décorer cette ville jusqu'au mois de novembre pour nous rappeler les efforts quotidiens de milliers de personnes qui travaillent pour redonner espoir et dignité aux victimes de la guerre.

C'est avec cette conviction que je vais inaugurer cette bannière, qui comme les autres, unies aux images parfois dures, mais aussi porteuses d'espoir, comportent des extraits des Conventions de Genève. On trouvera également des citations issues d'une large consultation parmi les populations qui ont vécu la guerre. Il s'agit là de pensées, d'émotions et de réflexions formulées spontanément par des gens ordinaires. Qu'elles inspirent notre propre réflexion.

Que cette bannière, qui nous accompagne vers l'an 2000, soit le symbole d'une oeuvre commune en faveur de la tolérance, de la solidarité et du respect de la dignité humaine.