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Soudan : l'eau potable est essentielle à la survie

02-09-1998 Communiqué de presse 98/35

Les maladies transmises par l'eau peuvent être aussi mortelles que la famine. « C'est le deuxième problème grave, celui que mentionnent les gens après la pénurie de vivres », déclare Marie-Françoise Timmermans, ingénieur eau et assainissement du CICR. « De nombreuses sources d'eau qui appartenaient aux habitants ont été mises hors d'état pendant les combats, et si rien n'est fait pour améliorer l'accès à l'eau potable, les maladies vont se propager. On voit déjà beaucoup de parasitoses, surtout chez les jeunes enfants, ainsi que des cas de diarrhée et de dysenterie. »

À Yirol par exemple, une ville du sud du Soudan, il y avait 45 puits ouverts et forages équipés de pompes. Quand les délégués du CICR sont arrivés récemment, il y avait un seul forage pour une population d'environ 7 000 personnes. « Notre objectif est qu'il y ait au moins une source d'eau potable par mille habitants, explique Marie-Françoise Timmermans, ce qui fait sept pour une ville comme Yirol. »

Quand le conflit touche des villes telles que Yirol, les pompes sont détruites et les forages bouchés avec des pierres et des morceaux de ciment. Des corps humains ont même été jetés dans les puits ouverts pour les contaminer. Les travaux d'approvisionnement en eau et d'assainissement sont une nécessité absolue, puisque l'eau potable est indispensable à la guérison des victimes de la famine, et cela même si elles ont reçu suffisamment de nourriture.

Jusqu'à présent à Yirol, les ingénieurs ont désobstrué deux forages, pe rcé un troisième et travaillent à deux autres. Un puits situé près du marché, dans le centre de la ville, est en cours de nettoyage, et un autre sera réparé une fois que les débris auront été enlevés et que du chlore aura été ajouté à l'eau pour la purifier. En outre, 50 latrines sèches sont actuellement installées, ce qui améliorera les conditions d'hygiène et réduira les risques de maladie.

Quand ils auront terminé la phase initiale des travaux à Yirol, les équipes eau et assainissement entameront une série de projets dans les communautés avoisinantes, avant d'aller plus vers le sud-est du pays ces prochains mois.

À Tonj, autre ville du sud du Soudan contrôlée par le SPLA (Armée populaire de libération du Soudan), le CICR est sur le point de percer trois forages dans le centre de la ville et de réparer la pompe d'un quatrième. Ces travaux devraient être terminés dans les prochaines semaines. De nombreuses sources d'eau sont situées dans des endroits fermés la nuit, ce qui empêche la population d'avoir accès à l'eau potable 24 heures sur 24. Une fois ce problème résolu, l'équipe du CICR à Tonj installera des pompes et remettra en état trois autres forages dans des communautés plus petites de cette région.

Par ailleurs, les équipes eau et assainissement du CICR travaillent actuellement dans la ville de Wau, contrôlée par le gouvernement, et prévoient des opérations dans d'autres régions.