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Afghanistan : premiers secours aux victimes du séisme

11-02-1998 Communiqué de presse 98/06

Les équipes de secours dépêchées par le CICR sur les lieux du tremblement de terre qui a secoué la province de Takhar, en Afghanistan, sont à pied d'œuvre depuis le dimanche 8 février. Leur tâche apparaît gigantesque : la dispersion des villages touchés, la configuration de cette région située à plus de 2 000 mètres d'altitude, les rigueurs de l'hiver afghan, des glissements de terrain, tout laisse augurer que la logistique jouera un rôle prépondérant dans cette opération. 

Selon les délégués du CICR et de la Fédération internationale des Sociétés de Croix-Rouge et du Croissant-Rouge présents sur place, les villages frappés par le séisme offrent un spectacle affligeant : des milliers de maisons détruites, des routes coupées par des torrents de boue, et de nombreux habitants en état de choc, sans abri par un froid glacial. Selon une estimation fournie le lundi 9 février par les autorités locales, 3 281 morts auraient été dénombrés dans 12 villages voisins de Rostak, localité la plus proche de l'épicentre du séisme. Mais ce bilan, comme l'évaluation du nombre de blessés, reste provisoire. L'accès aux autres localités touchées, qui sont plus éloignées de Rostak, semble difficile. Ainsi, il a fallu trois heures à une équipe d'évaluation médicale pour parcourir 15 km ...

Dès le dimanche 8 février, un premier avion du CICR est parti de Mazar-I-Sharif, dans le nord du pays, pour acheminer vers la région sinistrée du matériel médical d'urgence et six spécialistes chargés d'évaluer les besoins humanitaires et d'organiser les premiers secours. Le lendemain, un lot de 1 400 kg de matériel médical et d'équipement sanitaire est arrivé sur place, égalem ent par voie aérienne. Enfin, dans la soirée du mardi 10 février, un convoi de camions transportant 5 500 couvertures et 100 abris en plastique parvenait sur les lieux.

L'assistance médicale s'est immédiatement organisée autour de l'hôpital de Rostak. Des centaines de patients ont été pris en charge par trois chirurgiens, deux de Médecins sans frontières (MSF) et un du CICR, assistés de deux équipes médicales locales. De nombreux cas de fractures et quelques cas de paraplégie sont signalés. L'un des problèmes les plus urgents qu'ait à résoudre cet hôpital, à l'image de tous les lieux d'accueil de la région, est l'approvisionnement en eau. L'autre préoccupation des organisations humanitaires est d'assurer un abri et des conditions d'hygiène suffisantes aux personnes qui ont fui la région et n'ont pas été hébergées par les habitants des villages épargnés. L'assainissement des conduites d'eau, largement détruites par le séisme, est impératif car les risques d'épidémie sont grands. Enfin, l'opération en cours ne pourra être consolidée que si les divers belligérants du conflit afghan laissent libre accès aux organismes humanitaires.

Dans ce contexte de conflit armé, la coordination de l'assistance humanitaire a été prise en charge par le CICR. Celui-ci dispose en Afghanistan d'une importante infrastructure, logistique notamment, et a délégué sept spécialistes dans la région de Rostak à partir de sa base de Mazar-I-Sharif. Les médecins de MSF et les secouristes du Croissant-Rouge afghan ont été les premiers à fournir pansements, couvertures et matériel de cuisine aux rescapés du séisme. Deux experts de la Fédération internationale des Sociétés de Croix-Rouge et du Croissant Rouge — un logisticien et un délégué spécialiste des secours — sont également sur place. Enfin, des contacts réguliers sont maintenus entre les divers organismes d'aide — y compris les institutions spécialisée s de l'ONU — tant sur le terrain qu'à Kaboul et à Peshawar.