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New York - ONU : dossier "mines antipersonnel" : le CICR invité par le Conseil de sécurité

22-08-1996 Communiqué de presse 96/33

Pour la première fois de son histoire, le CICR a accepté de participer à un débat organisé par le Conseil de sécurité de l'ONU, à New York. Le sujet abordé était d'importance : le 15 août, le président du Conseil, l'ambassadeur d'Allemagne, a officiellement présenté le problème des mines antipersonnel aux États membres. De toute évidence, malgré les résultats décevants de la dernière session de la Conférence d'examen de la Convention des Nations Unies de 1980 sur certaines armes classiques, tenue en mai 1996 à Genève, la communauté internationale refuse d'abandonner la lutte. Ainsi, outre les membres du Conseil de sécurité, les représentants d'une vingtaine d'autres pays et le CICR se sont prononcés sur différents aspects relatifs aux effets médicaux, sociaux et économiques de l'emploi des mines, ainsi que sur les dangers des travaux de déminage. La contribution du CICR a consisté à souligner l'ampleur des souffrances humaines et des dommages provoqués par ces armes sournoises. Ses efforts ont également porté sur le développement des instruments de droit qui régissent la protection des populations civiles face à ce fléau grandissant.

Peter Kung, chef de délégation du CICR auprès des Nations Unies à New York, a souligné " qu'il n'y a aucun doute, en ce qui concerne le CICR, sur la nature intrinsèquement indiscriminée de cette arme " , ce qui la rend particulièrement inhumaine, et il demande qu'elle soit mise hors la loi, comme le furent les gaz de combat, en 1925.

Tout en continuant à oeuvrer en vue d'une interdiction de la product ion, du stockage, du transfert et de l'utilisation de ces armes et à les stigmatiser dans la conscience publique, le CICR salue chaleureusement les initiatives régionales et nationales d'un nombre croissant de pays dans ce sens. Il faut noter en particulier celle du gouvernement canadien, qui a invité à une conférence internationale, le 3 octobre à Ottawa, les pays qui soutiennent unilatéralement une interdiction et qui ont adopté des moratoires contre ces engins. En outre, la prochaine session de l'Assembée générale des Nations Unies devra se prononcer sur un projet de résolution " appelant les États à négocier un accord international, afin de parvenir à une interdiction totale universelle " de ces armes.