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Le CICR, 1914-18: l'Agence internationale des prisonniers de guerre

12-04-2000

En octobre 1914, après les premiers affrontements, au cours desquels beaucoup de combattants ont été capturés, le CICR a ouvert son Agence internationale à Genève ; pendant le conflit, il a établi des fiches et des listes concernant près de deux millions et demi de prisonniers de guerre ; il a visité un grand nombre de ces prisonniers et permis à leurs familles d’envoyer des colis d’articles de secours.

Les premières grandes offensives de 1914 sont marquées par les batailles du nord et de l'est de la France, ainsi que par de violents combats en Russie. Elles provoquent la capture d'un grand nombre de prisonniers et causent des pertes considérables. 

Dès le début de la guerre, le CICR prend d'importantes mesures pour faire face à cette situation dramatique. Le 15 août 1914, il adresse une circulaire aux Sociétés nationales pour leur demander de lui indiquer la composition de leurs commi ssions spéciales de prisonniers de guerre et pour proposer la constitution d'un bureau central en faveur des prisonniers de guerre, conformément au mandat qui lui avait été donné par la Conférence internationale de la Croix-Rouge réunie à Washington en 1912.

Le 27 août, le président du CICR, Gustave Ador, annonce par circulaire   la création de l'Agence internationale, afin de centraliser les informations et l'organisation des dons aux prisonniers de guerre. Cette circulaire prévoit également que l'Agence classera les demandes reçues et en transmettra un exemplaire aux Sociétés nationales de l'État détenteur afin de connaître le lieu de détention des personnes recherchées.

Le 12 octobre 1914, l'Agence s'installe au Musée Rath à Genève et elle met en place un système de traitement des informations qui lui permet de faire face rapidement et avec efficacité aux 5 000 demandes qui lui parviennent chaque jour.

Sur la base des listes de prisonniers de guerre qui lui sont fournies par les Etats belligérants, l'Agence établit des fiches pour chaque prisonnier, qui sont classées par fichiers nationaux et auxquelles sont intégrées les demandes d'information. Dès qu'il y a « concordance » entre une information et une demande, l'Agence peut apporter une réponse à la famille ou à la commune d'origine d'un prisonnier de guerre sur lequel porte la demande de renseignement.

Afin d'obtenir des informations encore plus précises sur la situation des prisonniers de guerre, l'Agence crée deux fichiers supplémentaires : un fichier topographique indiquant l'emplacement des tombes des soldats décédés et un fichier régimentaire.

En outre, l'Agence s'occupe au début de la guerre de la correspondance, des dons et des mandats transmis aux prisonniers de guerre. Par la suite, ces activités sont prises en charge par les services postaux des pays neutres : les postes suisse, danoise, néerlandaise et suédoise.

Durant la guerre, l'Agence établit 4 805 000 fiches   et transmet 1 854 914 colis et envois de secours collectifs.

L’armistice de novembre 1918 n’entraîne pas la fermeture de l’Agence, qui poursuit ses activités d'information dans le cadre des grandes opérations de rapatriement des prisonniers des puissances centrales et des captifs détenus en Russie.

Après la signature des traités de paix de 1919, le CICR met fin, le 31 décembre, au fonctionnement de l'Agence. Un service spécialisé au CICR lui succède entre les deux guerres. Il se charge des enquêtes individuelles, des démarches concernant les disparus ou encore de la fourniture d'attestations aux anciens prisonniers pour fai re valoir leurs droits.

En 1916, une agence similaire à celle de Genève a également été ouverte à Copenhague par la Croix-Rouge danoise. Elle s'est occupée des informations concernant les prisonniers de guerre sur le front germano-russe et a poursuivi ses activités jusqu'au 1er avril 1919. Durant la guerre, une autre agence a aussi été créée à Vienne, sous l'égide du gouvernement autrichien, pour traiter essentiellement les demandes concernant les prisonniers de guerre austro-hongrois.



 


Photos

Musée Rath, Genève. Agence internationale des prisonniers de guerre.  

Musée Rath, Genève. Agence internationale des prisonniers de guerre.
© ICRC / hist-01816-11

Genève, Musée Rath. Agence internationale des prisonniers de guerre. Service de transmission de la correspondance entre les prisonniers et leurs familles. 

Genève, Musée Rath. Agence internationale des prisonniers de guerre. Service de transmission de la correspondance entre les prisonniers et leurs familles.
© ICRC / hist-00578-23.jpg

Genève, Musée Rath. Agence internationale des prisonniers de guerre. Service de recherches, section franco-belge.  

Genève, Musée Rath. Agence internationale des prisonniers de guerre. Service de recherches, section franco-belge.
© ICRC / F. Boissonnas / hist-00581-03.jpg

Genève, Musée Rath. Agence internationale des prisonniers de guerre. Transport des colis destinés aux prisonniers de guerre. 

Genève, Musée Rath. Agence internationale des prisonniers de guerre. Transport des colis destinés aux prisonniers de guerre.
© ICRC / R. Gilli / hist-03558-05.jpg