Page archivée: peut contenir des informations obsolètes
  • Envoyer
  • Imprimer

Mines : facteurs (aussi) d'isolement...

01-05-1996 Communiqué de presse 96/17

Au Rwanda, au cours des derniers mois, différentes équipes du CICR ont parfois dû suspendre leurs déplacements en raison d'incidents liés aux mines de plus en plus fréquents. Depuis le début de l'année, quelque 130 personnes ont été victimes des mines - antichar pour la plupart -, dans l'ouest du pays essentiellement. 

La sous-délégation de Cyangugu, située au sud du lac Kivu à quelques minutes de la frontière zaïroise, a récemment été obligée de restreindre pendant dix jours les mouvements de ses collaborateurs, suite à la mort d'au moins 14 personnes. Or, une interruption des déplacements équivaut à ne plus pouvoir intervenir en faveur des détenus, ni installer des systèmes d'eau dans les campagnes ou ramener dans leurs foyers de jeunes enfants séparés de leurs parents. Cela signifie ne plus avoir accès aux victimes.

Les mines blessent et tuent. Elles isolent aussi et peuvent ainsi priver les victimes d'une assistance ou d'une protection pourtant essentielle à leur survie. Ces engins peuvent également influencer de manière perverse l'action des organisations humanitaires par la " fermeture " virtuelle de telle ou telle zone. 

L'exemple de Cyangugu n'est pas unique au Rwanda. La population de quatre préfectures frontalières du Zaïre est en effet particulièrement affectée par la présence de mines posées récemment. Au gré des incidents, qui depuis le début de l'année ont coûté la vie à une soixantaine de personnes, le CICR décide d'utiliser ou non certaines routes. Les risques sont d'autant plus grands que les voies de communication sont bien souvent de simples pistes sur lesquelles une mine peut être posée et dissimulée en quelques minutes. En effet, si certains explosifs ont été placés en 1994, la plupart d'entre eux l'ont été très récemment, rendant ainsi tout déplacement aléatoire, d'un moment à l'autre.

La protection de la mission humanitaire a été inscrite à l'ordre du jour de la Conférence d'examen de la Convention des Nations Unies de 1980 sur certaines armes classiques, qui siège à Genève du 22 avril au 3 mai. Quelles que soient les décisions qui pourront y être adoptées, le caractère impromptu des mines démultiplie les risques et rend l'issue de toute campagne de déminage incertaine. Le cas du Rwanda en est l'exemple-type.