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Conférence d'Ottawa relative aux mines : le début de la fin

06-10-1996 Communiqué de presse 96/31

Genève (CICR) -  " Les résultats de cette Conférence annoncent le début de la fin de l'épidémie mondiale des mines terrestres antipersonnel. " C'est en ces termes que le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Cornelio Sommaruga, a décrit l'issue de la Conférence internationale sur une stratégie, qui a pour thème " Vers l'interdiction complète des mines antipersonnel " . La Conférence, qui a duré trois jours, a réuni des États de toutes les régions du monde et s'est terminée samedi à Ottawa, Canada.

Selon M. Sommaruga, le CICR et l'ensemble du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge se félicitent vivement des engagements politiques historiques qui ont été pris par 50 pays dans la Déclaration d'Ottawa et de la liste impressionnante de décisions concrètes exposées dans le Plan d'action.

Le président du CICR a déclaré qu'il était particulièrement heureux d'apprendre que le ministre canadien des Affaires étrangères, Lloyd Axworthy, avait invité les ministres des Affaires étrangères des autres États à se rendre au Canada en décembre 1997, pour signer un traité interdisant les mines antipersonnel, ce qui " situera la question des mines antipersonnel dans le cadre du droit international humanitaire et placera toutes les initiatives du Plan d'action d'Ottawa dans un contexte qui leur est propre, à savoir parvenir rapidement à une interdiction totale - ayant force de loi - de la production, de l'exportation et de l'entreposage des mines antipersonnel " .

M. Sommaruga a fait observer que l'invitation lancée par le Canada aux autres ministres d es Affaires étrangères était un signe précurseur très sérieux de l'interdiction des mines terrestres. Il a ajouté que la date précise fixée par le Canada " souligne l'importance et l'urgence de chacun des éléments du Plan d'action, qui résulte des trois jours de discussion à Ottawa cette semaine " .

Le Plan d'action comprend notamment l'appui à une résolution, en cours d'élaboration, qui sera soumise à l'Assemblée générale des Nations Unies et engagera tous les États à mettre fin à l'emploi des mines antipersonnel et à entamer des négociations en vue de les proscrire; des initiatives régionales et nationales visant à interdire et à éliminer les mines terrestres; et dix réunions de suivi afin de traiter les divers aspects du problème. Le Plan d'action souligne également l'importance des séminaires régionaux que le CICR organisera l'année prochaine. Ces séminaires rassembleront des experts dans les domaines politique et de la sécurité nationale de divers pays d'Asie et d'Afrique australe, afin de poursuivre le dialogue sur l'utilité militaire des mines antipersonnel.

Le CICR est en outre encouragé par le fait que le Plan d'action d'Ottawa regroupe les efforts déployés en vue d'une interdiction et l'engagement d'augmenter les ressources pour l'assistance aux victimes, les activités de prévention contre les dangers des mines et les opérations de déminage.

" Nous quittons la Conférence d'Ottawa, " a déclaré M. Sommaruga, " convaincus que les souffrances indicibles des victimes des mines ont définitivement touché la conscience des chefs de gouvernement. Nous avons maintenant un message d'espoir résolu à transmettre aux victimes des mines antipersonnel et à leurs enfants et petits-enfants : les souffrances engendrées par ce fléau diminueront. "