Page archivée: peut contenir des informations obsolètes
  • Envoyer
  • Imprimer

Nigéria : "Les voix de la guerre" : consultation du CICR sur la guerre civile au Biafra

16-06-1999 Communiqué de presse 99/24

«Attaquer les civils, c’est prendre le parti du diable», s’est exclamée une mère qui a perdu plusieurs de ses enfants pendant la guerre civile au Biafra (1967-70). Elle participait à l’un des huit groupes de discussion sur cette guerre et les règles du droit international humanitaire que le CICR et la Croix-Rouge du Nigéria ont organisés depuis le 1er juin à Lagos, Enugu, Port Harcourt et Kaduna.

Ces discussions s’inscrivent dans le cadre du projet «Les voix de la guerre» actuellement mené dans 12 pays qui, au cours de leur histoire récente, ont été frappés par la guerre. Pour marquer le 50e anniversaire des Conventions de Genève, qui protègent les victimes des conflits armés, le CICR veut donner à ceux qui ont pris part à un conflit ou en ont été victimes la possibilité de s’exprimer. Au Nigéria, des mères de victimes, du personnel médical, des soldats capturés, des journalistes de l’époque, des étudiants et des enseignants, ainsi que d’anciens commandants des forces armées fédérales et de l’armée biafraise ont manifesté leurs sentiments et leurs opinions sur des sujets tels que la protection des civils, le blocus de l’aide humanitaire et le processus de réconciliation. Les groupes de discussions seront suivis d’un enquête représentative, qui sera réalisée dans 12 États nigérians, et complétés par une série d’entretiens individuels approfondis.

Aujourd’hui encore, 30 ans après la fin de la guerre civile, de nombreux Nigérians sont atterrés par les immenses souffrances que le conflit a provoquées. «J’étais si jeune, si impuissante», a soupiré une infirmière qui avait essayé de soigner des soldats et des civils blessés près de Port Harcourt. Évoquant des images qu’elle a seulement vues à la té lévision, une jeune étudiante a déclaré: «Je ressens de la peine, de la détresse et de la souffrance, encore et encore. Je vois que des talents ont été gâchés. Je vois des rêves qui ne se sont jamais réalisés. Je vois des événements qui ont jeté une ombre sur cette nation. Je vois des regrets.»

Les résultats de la consultation qui a été menée à l’échelle mondiale seront présentés à la XXVIIe Conférence internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, en novembre 1999, afin de favoriser un respect accru des règles du droit international humanitaire au XXIe siècle.