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Tadjikistan : souffrances ignorées

28-08-1996 Communiqué de presse 96/34

Le CICR est vivement préoccupé par le sort de la population bloquée à Tavildara, ville à nouveau sous le contrôle de l'opposition depuis le 16 août. L'accord de cessez-le-feu, reconduit le 21 juillet à Achgabat (Turkménistan), est une fois de plus resté lettre morte. D'après des témoignages de déplacés qui ont pu fuir ces derniers jours, la plupart des personnes restées sur place seraient âgées, malades ou invalides et abandonnées sans nourriture ni médicaments. Pour elles, le périple de trois jours à pied à travers la montagne est impossible.

Le CICR s'efforce en vain depuis six mois d'obtenir l'accès à cette région du Pamir, qui sépare la province semi-autonome du Gorno-Badakhchan du reste du pays, et dont une partie importante (les vallées de Mionadu et de Tavildara) est progressivement passée, depuis le début de l'année, sous le contrôle des forces de l'opposition.

En outre, la libération des combattants et d'autres détenus de part et d'autre était également prévue selon les termes de l'accord du 21 juillet entre le gouvernement tadjik et l'opposition. Une date butoir avait été fixée au 20 août. Ces libérations n'ont pas eu lieu, le CICR n'ayant même pas reçu, à cette date, les listes des personnes à libérer.

Force est donc de constater qu'aucun résultat concret n'a suivi cette dernière série de pourparlers : le cessez-le-feu n'est pas respecté, l'accès aux populations directement affectées par le conflit n'est pas accordé et les promesses de libération des prisonniers restent sans effet.