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Cambodge : l'approvisionnement des hôpitaux est menacé

09-07-1997 Communiqué de presse 97/26

À la suite des troubles qui ont éclaté dès le samedi 5 juillet au Cambodge, certains hôpitaux — notamment à Phnom Penh — doivent faire face à une pénurie de médicaments et de matériel médical. L'incertitude demeure par ailleurs quant à la situation qui prévaut dans les régions de Battambang et de Siem Reap, où la tension reste grande et où les conditions de sécurité sont précaires le long des principales voies d'accès. Alors que certaines représentations diplomatiques à Phnom Penh tentent d'organiser l'évacuation de leurs ressortissants, le CICR poursuit ses activités visant à assurer l'approvisionnement des hôpitaux, le transfert des blessés et la protection des personnes détenues.

Depuis le début des événements, la délégation du CICR à Phnom Penh est en liaison radio permanente avec les équipes de diverses Sociétés nationales présentes dans la capitale khmère (en particulier les Croix-Rouges française, américaine, australienne et japonaise) et s'efforce de répondre aux besoins humanitaires les plus pressants. Dès le 6 juillet, un convoi a été organisé pour fournir des médicaments et du matériel médical aux principaux hôpitaux de la ville disposant d'une structure chirurgicale. D'autres convois ont assuré l'évacuation vers le centre-ville de civils, cambodgiens et étrangers, bloqués dans le quartier de Tuol Kork, proche de l'aéroport, où de violents combats se sont déroulés. Des blessés ont également été transférés de l'hôpital Kossamak, qui avait été touché par des obus, vers les hôpitaux Calmette et Sihanouk. Le 7 juillet, une évaluation réalisée dans ces trois hôpitaux révélait une rupture quasi totale des stocks médicaux ; 98 blessés de guerre, dont neuf sont décéd és, y avaient été enregistrés depuis le début des combats. L'hôpital Calmette, particulièrement sollicité, a un besoin urgent de pansements, d'antibiotiques, de fil de suture, de gants chirurgicaux, de matériel chirurgical et de sérum antitétanique.

Le 8 juillet, le CICR a entrepris des démarches afin d'accéder aux personnes détenues à Phnom Penh et il a visité successivement les prisons PJ , T3 et Tuol Sleg dans la capitale.

La prison de Battambang a été bombardée au mortier dans la journée du 7 juillet et quatre détenus ont été blessés. En collaboration avec Médecins sans frontières, les délégués du CICR ont organisé les premiers secours et le transfert de deux des blessés vers l'hôpital militaire de la ville. À Sisophon, le CICR a distribué des vivres aux détenus qui avaient été abandonnés à eux-mêmes.

Le CICR est présent au Cambodge depuis 1979. Ses activités consistent notamment à visiter des détenus, rétablir les liens entre membres de familles dispersées et diffuser le droit international humanitaire. Dans le domaine de la santé, il gère un centre d'appareillage orthopédique à Battambang ainsi qu'une usine de fabrication de composants pour prothèses et une banque du sang à Phnom Penh.

La délégation du CICR à Phnom Penh et sa sous-délégation de Battambang comptent 16 expatriés, dont un représentant de la Croix-Rouge du Japon, et 150 collaborateurs cambodgiens. Dès le 6 juillet, une partie du personnel non opérationnel a été redéployée vers la Thaïlande.